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Deux amis traversent 880 km à pied, de Marseille à Paris, pour ramasser les masques jetés au sol: "C'est le déchet tendance de l'année"

L’un se fait appeler "l’escargot anglais", l’autre "le sanglier marseillais". Ensemble, Edmund Platt et Frédéric Munsch ont sillonné la France à pied pendant deux mois, de Marseille jusqu’à Paris. Leur défi? Ramasser les masques chirurgicaux qu'ils trouvaient sur leur passage. Partis le 1er octobre, le drôle de duo est arrivé à Paris samedi dernier, après avoir marché 880 km et collecté plus de 6.300 masques chirurgicaux.

Ensemble, Edmund Platt, fondateur de l'association 1 déchet par jour et auteur du livre "L'Anglais qui voulait nettoyer la France", et Frédéric Munsch, photographe reporter, se sont lancé un défi : rejoindre Paris à pied depuis Marseille en ramassant les milliers de masques chirurgicaux trouvés sur leur chemin.

Depuis le début de la pandémie, ces nouveaux déchets font surface dans les villes et la nature : les masques jetables. "C'est le déchet tendance de l'année! On en trouve partout : sur la route, les parkings, devant chez les gens, dans des forêts, au bord des lacs… il y en a partout !", s'indigne Frédéric, alias "le sanglier marseillais".

Équipés d’une tente, d’un sac à dos et d’un pic pour empiler les masques ramassés, les deux hommes ont parcouru plus de 800 km à travers la France pour sensibiliser les gens face à cette nouvelle forme de pollution. Durant deux mois, ils ont marché le long des rails de TGV pour s'attaquer à ce fléau. "Le TGV roule à 300 km/h, moi j'ai toujours eu envie de faire le trajet à 3 km/h", explique Edmund ou "l'escargot anglais".

Il y a 11 ans, cet Anglais originaire de Leeds débarquait à Marseille pour donner des cours d'anglais. Huit ans plus tard, il se lançait dans le défi fou de traverser la France en auto-stop pour ramasser des déchets.

Cette fois, il est accompagné de son ami Frédéric. Edmund explique que "cette marche, c'est vraiment pour sensibiliser et pour rencontrer un maximum de gens. On les invite plutôt à choisir des masques en coton réutilisable parce que 'masques jetables' ça ne veut pas dire 'masques à jeter par terre'!"

Des "cimetières de masques chirurgicaux" 

"On en a vus énormément, surtout autour des grandes agglomérations", constatent les deux marcheurs, avant tout amis et défenseurs de la nature.

"On est partis de Marseille, ensuite direction Valence, Avignon, Lyon pour ensuite arriver en Ile-de-France. On est passé par Villeneuve-Saint-Georges (dans le Val-de-Marne), ou plutôt 'Covid-Saint-Georges'", explique Frédéric avec une pointe d'humour. 

Sur leur trajet, pas un kilomètre n'a été parcouru sans qu'ils ne trouvent de masques par terre: "On en a trouvés des centaines et des centaines. On a même longé des zones où il y en avait par dizaines." La première journée, on avait ramassé 350 masques, puis ça a freiné quand on est arrivé dans le monde rural", précise Frédéric.

Les deux marcheurs ont malgré tout relevé une note positive, en Bourgogne, où ils ont trouvé peu de masques."Bravo, c’est le numéro un sur notre trajet!"

"Ce que nous aimerions que les gens fassent, c’est tout simplement ralentir un peu et arrêter de jeter autant”, explique à son tour celui que l'on surnomme "l'escargot anglais""Chaque fois que vous ramassez un déchet, c’est comme si vous faisiez un câlin et que vous donniez un petit coup de bonheur à la planète!” 

Il faut entre 450 et 500 ans pour qu'un masque jetable se dégrade 

"Quand les gens jettent leur masque, ils pensent que ce n’est rien. Mais la somme de tous ces masques fait que l’on arrive avec des sacs remplis", explique Edmund. Et pour cause, les deux marcheurs ont collecté plus de 6.300 masques.

Leurs sacs poubelles se sont remplit bien plus vite qu'ils ne l'imaginaient. Ils ont ramassé en moyenne 200 masques par jour dans les zones urbaines et entre 60 et 120 dans les zones moins peuplées. Mais ça, c'est sans compter tout le reste, notamment les mégots et sacs McDonald's qu'ils ont collectés.

Les deux amis aimeraient maintenant pouvoir recycler tous ces masques. Mais une seule entreprise est capable de le faire en France : l'usine Plaxtil, située dans la Vienne.   

A travers leur initiative, Frédéric et Edmund souhaitent alerter sur le fléau des masques chirurgicaux, ces-derniers étant très polluants. Pour rappel, les masques jetables sont conçus en partie avec du polypropylène, un dérivé du pétrole. Les objets réalisés avec ce matériau mettent généralement entre 450 à 500 ans pour se dégrader.

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