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Énergies: voici le plan du gouvernement pour assurer notre approvisionnement en hiver

Ce vendredi après-midi, le gouvernement fédéral a présenté son plan énergie pour l'hiver lors d'une conférence de presse. "Notre sécurité d'approvisionnement n'est pas compromise. Donc nous sommes prêts à faire preuve de solidarité avec d'autres pays européens si nécessaire. C'est pourquoi nous prenons aujourd'hui des mesures complémentaires dès maintenant", a affirmé Tinne Van Der Straeten (Groen, écologistes flamands), la ministre de l'Énergie. "Nous ne devons pas improviser en hiver", a-t-elle ajouté.

Voici les principaux points du plan présenté par le gouvernement, qui n'a pas abordé la question du pétrole.

Électricité: demande à Engie pour maintenir l'activité de Tihange 2

En matière d'électricité, "le gouvernement a demandé à l'opérateur nucléaire de prolonger le fonctionnement de Tihange 2 jusqu'à ce que le pic hivernal soit passé", a déclaré le Premier ministre. "C'est à l'AFCN (ndlr: Agence fédérale du contrôle nucléaire) de vérifier que cela peut se faire dans les conditions les plus sûres. Tous les producteurs sont invités à ne pas effectuer d'entretien de centrale pendant l'hiver, ou de le faire juste après", a ajouté Alexander De Croo (Open VLD, libéraux flamands).

Reste à savoir si cette solution sera vraiment réalisable. Ce jeudi, Engie Electrabel a annoncé qu'une prolongation de l'activité des réacteurs de Tihange 2 et Doel 3 n'est pas possible pour des raisons techniques et de sécurité. La centrale de Doel 3 sera mise à l'arrêt dans la nuit du 23 au 24 septembre conformément à la loi de sortie du nucléaire. Tihange 2 est censée suivre en février.

Jusqu'à présent, l'AFCN ne s'était pas prononcée sur le sujet étant donné que ni le gouvernement, ni Engie n'avait encore demandé une analyse de risque. Tout dépendra donc de la réponse de l'Agence.

Rappelons que la Belgique dispose de sept réacteurs nucléaires, répartis sur deux sites: Doel et Tihange. 

Gaz: pas de problème selon le gouvernement

Quant au gaz, le gouvernement donne le même son de cloche: pas de souci à se faire. "Aujourd'hui, on est très bien protégé parce qu'on est un 'hub' (ndlr: un centre). Nous, nos importations de gaz viennent de la Norvège, de la Grande-Bretagne, mais aussi via le GNL (ndlr: Gaz naturel liquéfié). C'est ceci qu'on veut renforcer pour être à 100% certain, à tout moment, que ces flux continuent à venir en Belgique", a précisé Tinne Van Der Straeten.

Précisons d'abord que la Belgique possède un avantage par rapport à d'autres pays européen: nous dépendons très peu de la Russie pour le gaz. Autre précision: le gaz naturel liquéfié, le GNL, est un moyen de transporter du gaz naturel d'un pays producteur vers un pays consommateur sans dépendre des gazoducs. C'est une méthode plus flexible de transport, mais aussi plus coûteuse. "Il vient du Moyen-Orient, mais aussi des États-Unis. C'est important qu'il y ait cette plateforme d'achat groupé au niveau européen, qui soit opérationnalisé pour aussi assurer qu'il y ait une diversification des livraisons de gaz", a indiqué Tinne Van Der Straeten. Quand cette plateforme sera-t-elle prête? "Nous, on pousse très fort au niveau européen pour que ça soit opérationnel en automne", répond la ministre.

Alexander De Croo a indiqué qu'en matière d'approvisionnement en gaz, les contrats gaziers avec la Norvège sont en cours de négociation. "Je me rendrai fin août personnellement en Norvège pour discuter d'une série large de sujets en énergie, dont les sujets de gaz", a-t-il précisé.

Compter sur les efforts des Belges

Pour assurer la sécurité énergétique du pays en hiver, le gouvernement compte également sur les efforts de tous les Belges. "Nous avons chacun un rôle à jouer. Si on consomme moins, ça veut dire qu'on paie moins pour l'énergie. Si on consomme moins, ça veut dire que ça a aussi un impact pour baisser les prix. Je voudrais utiliser ce moment pour sensibiliser tout le monde à utiliser l'énergie d'une manière rationnelle et d'éviter de consommer trop d'énergie", a déclaré Alexander De Croo. "11 millions de petits, ça fait un grand. Dans le plan de la ministre, on mettra en œuvre des campagnes de communication avec les entités fédérées pour mieux sensibiliser les gens par rapport à l'utilisation de l'énergie", a-t-il ajouté.

Le gouvernement veut soutenir les pays voisins

Autre objectif du Premier ministre et de la ministre de l'Énergie: aider nos pays voisins, en priorité la France et l'Allemagne. En matière de gaz, "on importe beaucoup plus de ce qu'on a besoin aujourd'hui. On exporte trois fois plus de ce qu'on a besoin. Au plus nous sommes protégés, au plus on est solidaire avec nos pays voisins", a indiqué la ministre Tinne Van Der Straeten.

Même chose pour l'électricité avec la demande de prolongation de Tihange 2 pour l'hiver. Car en France, par exemple, une partie du parc nucléaire est actuellement indisponible. "En nous protégeant nous, on va aider la France et aider l'Allemagne. Donc, on est un petit pays avec deux gros blocs à gauche et à droite, qui ont les deux des problèmes, mais nous, on est en capacité de les aider les deux. C'est la raison pour laquelle on prend aujourd'hui des mesures complémentaires pour nous protéger, pour être solidaire avec nos pays voisins", a déclaré la ministre de l'Énergie.

Quels sont les sources de production d'électricité en Belgique?

Voici les sources d'énergie utilisées pour produire de l'électricité en 2021, selon Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité à haute tension en Belgique.

 

Et une présentation mensuelle des sources d'énergie utilisées chaque mois en Belgique pour produire de l'électricité, entre 2021 et 2022. Vous pouvez passer votre curseur ou doigt sur le graphique pour afficher plus de détails. Les données sont fournies par le Service public fédéral Economie.

*Le "Thermique – renouvelable" contient la biomasse solide et liquide, le biogaz et les déchets renouvelables. Le "Thermique - non-renouvelable" contient les combustibles fossiles solides et liquides, le gaz naturel et les déchets non renouvelables. Dans "Autres" figurent l’hydrogène et la récupération de chaleur chimique.

Voici quelques précisions du SPF Economie:

La production d’électricité à partir d’énergie éolienne la plus élevée a été mesurée en février 2022 : 1.831 GWh, soit environ 27,5 % de la consommation intérieure (environ 6.650 GWh).

La production d’électricité à partir d’énergie éolienne et solaire enregistre une forte fluctuation (entre 389 GWh et 1.831 GWh pour l’énergie éolienne et entre 74 GWh et 813 GWh pour l’énergie solaire au cours de l’année courante). C’est dû à leur dépendance aux conditions météorologiques. Le pic de production d'énergie éolienne se produit habituellement durant les mois d'hiver en raison d'une vitesse moyenne du vent plus élevée. À l’inverse, le pic de production pour l'énergie solaire se situe entre la fin du printemps et l'été en raison des plus longues périodes d’ensoleillement.

La diminution drastique de la part de l’hydroélectricité dans la production brute totale entre avril et juillet 2021 est due aux travaux d’extension de la centrale hydro-électrique de Coo.

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