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L'OTAN déploie des éléments de sa force de réaction: "Les objectifs du Kremlin ne se limitent pas à l'Ukraine"

L'Otan a commencé à déployer des éléments de sa force de réaction pour renforcer encore son dispositif de défense et être en mesure de réagir rapidement à toute éventualité après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a annoncé vendredi le secrétaire général de l'Otan.

"Les forces ukrainiennes se battent courageusement et sont en mesure d'infliger des dommages aux forces russes qui les envahissent", a affirmé Jens Stoltenberg. "Nous déployons pour la première fois la Force de réaction au titre de la défense collective pour éviter des débordements sur le territoire de l'Alliance", a-t-il précisé à l'issue d'un sommet des dirigeants de l'Alliance organisé en visioconférence.

"La Russie a lancé une invasion totale de l'Ukraine avec l'objectif affiché de renverser le gouvernement en marchant sur Kiev", a souligné Jens Stoltenberg. "Mais les objectifs du Kremlin ne se limitent pas à l'Ukraine", a-t-il averti. "Poutine a exigé le retrait des forces de l'Alliance des territoires de tous les pays qui ont adhéré depuis 1997", a-t-il rappelé. "La réponse est un renforcement de la posture de dissuasion et de la défense des alliés. L'alliance a activé jeudi ses plans de défense et déploie des éléments de sa force de réaction", a annoncé le secrétaire général de l'Otan.

La force compte 40.000 militaires et son fer de lance est une force opérationnelle inter-armées à très haut niveau de préparation (VJTF) de 8.000 combattants actuellement commandée par la France. Elle comprend une brigade multinationale et des bataillons appuyés par des unités aériennes et maritimes et des forces spéciales.

Certaines unités peuvent être prêtes à se déplacer dans un délai de deux à trois jours, précise l'Otan.

La Belgique participera au déploiement de la Force de réaction de l'Otan

La Belgique prendra ses responsabilités et mettra des militaires à disposition de la Force de réaction de l'Otan (NRF), dont l'organisation a annoncé vendredi approuver le déploiement. Le Premier ministre Alexander De Croo a tenu ce discours vendredi soir au JT de la VRT.

Les unités de cette force de réaction seront déployées sur le flanc est du territoire de l'Otan, mais le secrétaire général Jens Stoltenberg n'a pas précisé où exactement.  La Belgique a reçu la demande de mettre des troupes à disposition. "Nous allons prendre nos responsabilités par rapport à cela", a indiqué le Premier ministre, interrogé à ce sujet. 

On ne sait pas encore avec précision de combien de militaires il s'agira, mais des troupes belges participeront donc à cet effort de réaction rapide annoncé par l'Otan à la suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Même si cela ne se traduira pas par une présence militaire sur le territoire ukrainien, le but est selon le Premier de "montrer clairement à la Russie que nous n'abandonnons pas un millimètre du sol de l'Otan". 

Entre-temps, du matériel militaire de protection (casques, etc.) est déjà en route vers l'Ukraine depuis la Belgique. Cela fait suite à la décision qui avait été annoncée mercredi par les ministres concernés, de répondre aux demandes bilatérales ukrainiennes en envoyant du matériel de protection, d'observation et d'orientation, mais pas d'armes ni de munitions. 

Entre-temps, la situation a changé avec l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes, mais la question d'envoyer éventuellement de l'armement n'est pas encore tranchée, entre autres pour des questions de stock. Le Premier ministre l'a rappelé encore vendredi soir: pour que l'armée belge soit elle-même en état de préparation optimale, il s'agit de veiller à ce qu'elle ait tout son équipement. 

Vendredi, l'UE a adopté des sanctions supplémentaires visant le Kremlin, mais n'a pas touché au système Swift de messagerie bancaire. Comme l'a indiqué plus tôt Sophie Wilmès, la Belgique a pour position de surtout garder l'objectif à l'esprit, a confirmé Alexander De Croo: celui d'isoler le mieux possible le "complexe militaro-industriel russe" des financements internationaux. Autrement dit: pour la Belgique cela ne doit pas forcément passer par une exclusion de Swift, société basée dans le Brabant wallon.

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