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Mort de l'Américain Gail Halvorsen, héros du pont aérien de Berlin

Cher au coeur des Berlinois, l'Américain Gail Halvorsen, qui fut l'un des premiers pilotes à participer au ravitaillement aérien vers Berlin-Ouest entre 1948 et 1949, est décédé à l'âge de 101 ans, a annoncé jeudi le musée des Alliés de Berlin.

L'ancien pilote, qui vivait dans l'Etat américain d'Utah, s'est éteint mercredi à l'hôpital entouré de ses proches, a précisé une porte-parole du musée à l'AFP.

Surnommé affectueusement "Tonton qui bat des ailes" ou "chocolat volant", il participa, entre juin 1948 et septembre 1949, à la fameuse "Opération victuailles", l'autre nom du pont aérien de Berlin, un épisode majeur de la Guerre froide.

Il avait racoté avoir eu l'idée de larguer des friandises avec de petits parachutes de sa conception pour les enfants de la ville, une initiative qui fut ensuite généralisée par les Alliés.

Plusieurs milliers d'avions, principalement britanniques et américains, avaient permis de désenclaver plus de deux millions de Berlinois de l'Ouest en les ravitaillant, contournant ainsi le blocus soviétique routier et maritime de cette partie de la ville.

Ce blocus avait été mis en place par l'URSS dans l'espoir de prendre le contrôle de Berlin-Ouest, sous administration des Alliés, et ainsi de tout l'est de l'Allemagne.

Au total 277.000 vols auront acheminé quelque deux millions de tonnes de produits de première nécessité. Les pilotes auront parcouru 175 millions de kilomètres, et 78 personnes y perdront la vie. En fin de compte, le blocus fut levé sans contrepartie.

Gail Halvorsen fut élevé au rang de colonel et revint dans les années 1970 à Berlin comme commandant de l'aéroport de Tempelhof, aujourd'hui transformé en parc public.

En 2019, il était de nouveau revenu pour commémorer cette fois l'anniversaire de la fin du blocus berlinois. "Berlin est ma deuxième patrie, merci!", avait-il lancé lors d'une cérémonie à Tempelhof.

"J'exhorte les jeunes à garder l'esprit ouvert pour savoir que certains dirigeants conduiront des gens libres dans la mauvaise direction", avait-il averti.

Le pilote était une figure très appréciée des Berlinois, à l'instar de Mercedes Wild, qui a raconté alors à l'AFP avoir à l'âge de sept ans écrit au pilote pour ... se plaindre de ne pas avoir pu attraper un petit parachute sucré.

A sa grande surprise, elle avait reçu une lettre de la part de l'aviateur, accompagnée de chewing-gum et d'une sucette, marquant le début d'une longue amitié entre les deux familles.

"Il est devenu une figure paternelle pour moi (...) il est le meilleur ambassadeur que nous puissions avoir pour valoriser l'amitié germano-américaine", avait-elle déclaré.

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