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Test Achats épingle trois crèmes solaires dans un rapport: "Une mise à mort de nos produits", dénonce le patron d'une des marques incriminées

Le dernier rapport de Test Achats concernant l'efficacité des crèmes solaires incrimine trois marques différentes: Clinique, Zwitsal et Biosolis. Selon les résultats du laboratoire indépendant et certifié avec lequel l'association de défense des consommateurs a travaillé, certains de leurs produits n'assurent pas la protection indiquée sur l'emballage. "C'est totalement erroné et nous lançons une contre-expertise", a affirmé le fondateur de Biosolis, qui qualifie ces résultats "d'aberration".

"J’ai pris un coup de poing dans la figure", affirme Cédric Mourlon, fondateur de Biosolis, une marque de protection solaire naturelle. Lundi matin, il a découvert avec surprise que certains de ses produits étaient incriminés dans le dernier rapport de Test Achats sur les crèmes solaires. En effet, l’association de protection des consommateurs estime que trois crèmes solaires Biosolis ne respectent pas la protection promise sur l’emballage. "Il doit y avoir une erreur quelque part", considère le fondateur de la marque. "Nous contestons complètement les résultats obtenus. Je vais faire une contre-analyse évidente", promet-il.

55 protections solaires passées au crible

Au total, Test Achats a analysé 55 produits solaires afin d'évaluer leur protection contre les rayons provoquant le cancer de la peau: les UVB, responsables des coups de soleil et les UVA, causant le vieillissement de la peau. Les résultats montrent que cinq d’entre eux ne respectent pas la protection promise sur l’emballage : "Un produit de la marque Clinique, un de la marque Zwitsal spécifiquement destiné aux bébés et jeunes enfants et trois produits de la marque Biosolis : une lotion et un spray avec un indice de protection 30 et une lotion avec indice de protection 50 destinée aux enfants", détaille Julie Frère, porte-parole de Test Achats.


Biopolis conteste la méthode utilisée

Selon le fondateur de Biosolis, la méthode d’analyse choisie par le laboratoire ayant travaillé avec Test Achats pourrait être inappropriée. "Nos crèmes contiennent un filtre naturel, fait à base de minéraux (du zinc et du titane, ndlr), précise Cédric Mourlon. Ces filtres ne doivent pas être analysés comme les filtres chimiques contenus dans les crèmes solaires traditionnelles, or c’est sans doute le cas ici". 

Mais selon Test Achats, cet argument ne tient pas la route, étant donné que d’autres crèmes aux filtres minéraux ont passé le test avec brio. "Quatre des huit crèmes bio analysées respectent la protection annoncée sur l’emballage: Naïf, Hema, Welleda et Nivea", rétorque Julie Frère, porte-parole de Test Achats.

Test Achats loue le sérieux de ses analyses

Néanmoins, le fondateur de Biosolis disqualifie les résultats obtenus. "Nous avons pléthores d’analyses qui prouvent l’efficacité de nos produits, et ce dans divers laboratoires. Faire des tests SPF n’est pas simple. J’ignore dans quelles conditions le laboratoire ayant travaillé avec Test Achats a fait ces tests ni à quel moment". "La robustesse de nos tests n’a jamais été remise en cause, répond Julie Frère. Ils sont effectués selon la norme ISO européenne. Nous faisons ces tests avec des laboratoires indépendants certifiés, il n’y a donc pas lieu de remettre en question le sérieux de nos tests".

Le fondateur de Biosolis prend ces résultats comme une "attaque personnelle" 

Pour Cédric Mourlon, il s’agit d’une "mise à mort" de ses produits. "Peut-être que je vais devoir mettre la clé sous le paillasson si mes clients me renvoient mes produits après avoir douté de leur efficacité, s’alarme le fondateur de Biosolis, qui prend ces résultats négatifs personnellement. J’ai créé cette marque, donc quand on l’attaque, on m’attaque moi". "Nous ne rentrerons pas dans une polémique, répond Test Achats qui rappelle que son rôle est de tester des produits et d’en communiquer les résultats aux autorités publiques et aux consommateurs. "L'association n’a aucune intention de cibler une marque en particulier", insiste Julie Frère.

Par ailleurs, Test Achats a pour règle de toujours communiquer aux fabricants les résultats de ses tests avant publication pour qu’ils puissent répondre. Pour une raison qui reste à déterminer, Biosolis n’a pas reçu le mail envoyé le 30 mai par l’association de protection des consommateurs. Raison pour laquelle la marque a découvert les résultats une fois publiés, lundi matin.

Le SPF Santé publique a désormais la main

Quelle suite sera donnée à ces résultats ? Test Achats a transmis son analyse au SPF Santé publique et a demandé le retrait de la vente des cinq produits incriminés. "C’est au SPF Santé publique de prendre les mesures qu’il jugera nécessaires : faut-il retester éventuellement les produits ? S’agit-il d’un lot spécifique qui serait problématique ? On aimerait que les autorités publiques jouent leur rôle au niveau de la santé publique", espère Julie Frère. De son côté, Cédric Mourlon n’en démord pas : il espère que la contre-expertise qu’il lancera dès que possible infirmera les résultats obtenus. "Il est impossible d’avoir des résultats aussi bas alors que nous avons procédé à des analyses, de deux façons différentes et qui par ailleurs sont plus restrictives que les analyses européennes", martèle le fondateur de Biosolis.

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