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Le budget du secteur des soins de santé raboté de 700 millions d'euros: "Les hôpitaux vont se retrouver en grande difficulté dans les mois à venir"

En prolongeant les mesures de soutien aux entreprises et aux ménages, dans le cadre de son budget, le gouvernement a aussi dû faire des économies. Le secteur des soins de santé fait partie des mécontents, après l'annonce du rabotage de 700 millions d'euros. 

Pierre Gillet, directeur médical du CHU de Liège, tire la sonnette d'alarme : "Le secteur infirmier est sous-valorisé. La législature précédente avait réduit et quasiment annulé cette norme de croissance. Si on rajoute à cela le coût de l'énergie et l'hyperinflation et cette nouvelle coupe budgétaire, les hôpitaux et le secteur des soins de santé en général vont être en difficulté".

En réalité, le budget des soins de santé n'est pas "diminué de 700 millions". Son budget augmente chaque année, pour faire face aux coûts du vieillissement de la population. En 2024, au lieu d’augmenter de 2,5%, il augmentera de 2%. C'est donc son augmentation qui ne sera pas aussi forte que prévue, mais des économies seront à prévoir pour compenser la différence. "On sait très bien que le vieillissement de la population est là, il va continuer à s'accroître jusqu'en 2040. il y a des besoins à rencontrer. Si, aujourd'hui, on touche à la norme de croissance, peut-être qu'on sauve une situation budgétaire à très court terme dans une situation de crise, mais on ne va rien faire d'autres que déplacer le problème", avertit Gauthier Saelens, directeur général du Grand Hôpital de Charleroi.

Le gouvernement fédéral prévoit également une enveloppe pour soutenir les hôpitaux dans le paiement de leurs factures énergétiques. Un montant insuffisant pour le directeur général du Grand Hôpital de Charleroi. "On estime que les hôpitaux vont subir une augmentation des factures de 450 à 500 millions d'euros à l'échelle fédérale. Et on nous parle de 168 millions pour couvrir ces besoins, donc on est à un tiers. C'est sûr que les hôpitaux vont se retrouver en grande difficulté dans les mois à venir."

Pour le Syndicat Chrétien, l'annonce du gouvernement fédéral est incompréhensible dans le contexte actuel. "La crise a démontré que notre système de santé était bien mal en point et sous-financé. Le constat avait été fait par tout le monde et voilà ce que décide le gouvernement. Je ne sais pas comment on peut encore croire en ce gouvernement", dénonce Carl Yernaux, secrétaire permanent CNE. 

Le syndicat craint que cela n'impacte encore les travailleurs, déjà épuisés dans ce contexte de crise où le personnel manque cruellement. 

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