Des milliers de jeunes du Maghreb et d'Europe ont afflué vers la cité marocaine d'Essaouira, sur l'Atlantique, où doit s'ouvrir mercredi soir la 10e édition du "Festival de la musique Gnaoua et des musiques du monde".
Née en Afrique subsaharienne, cette musique a survécu uniquement au Maroc grâce à d'anciens esclaves qui se sont organisés en confréries musulmanes, notamment à Essaouira, sauvant cette musique de l'oubli.
Quelque 250 musiciens marocains et 150 artistes étrangers doivent participer jusqu'à samedi à cette 10e édition du festival.
Des fusions entre la musique occidentale et la musique Gnaoua sont tentées chaque année en mélangeant pianos, guitares et saxophones avec cymbales, guenbris (instrument à cordes avec une longue caisse) et tambours traditionnels.
"Ce festival illustre la modernité et la convivialité pour une jeunesse venant notamment des pays du Maghreb et d'Europe", a déclaré André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI, et originaire de cette ville qui fut l'ancienne Mogador.
Le festival a offert "dix ans de bonheur aux mélomanes", et a été une occasion de "métissage et de convivialité", a-t-il dit mercredi aux journalistes.
Les organisateurs tablent sur 500.000 visiteurs pour les spectacles donnés par des maâllems (maîtres) de la musique Gnaoua et par des orchestres américains et européens de jazz, qui joueront parfois ensemble.
"Le festival est le rendez-vous d'une jeunesse pleine d'espoir alors que les valeurs se font rares dans le monde", a souligné M. Azoulay.
La directrice du festival, Neila Tazi, a annoncé la publication, pour ce 10e anniversaire, de deux livres: un ouvrage de photos, "Dix ans d'émotions musicales" du photographe français Pierre Emmanuel Rastouin, et "Passions partagées", un livre sur Essaouira rédigé par trois femmes originaires de la ville.
