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La réouverture des commerces était-elle indispensable? Comment sauver l'Horeca? L'analyse de Bruno Wattenbergh

La réouverture des commerces était-elle indispensable? Comment sauver l'Horeca? L'analyse de Bruno Wattenbergh
© Image Belga
 
CORONAVIRUS
 

Bruno Wattenbergh, expert en économie, nous a plongé dans l'économie et le Covid-19 ce lundi 30 novembre sur les ondes de Bel RTL.

Est-ce qu’il était indispensable de rouvrir les commerces et de ne pas rouvrir les autres activités commerciales ?  

Il y a plusieurs théories qui s’opposent quelque peu. D’abord, certains expliquent que les dégâts économiques, avec des commerces fermés, vont générer des dégâts sociaux et sanitaires non négligeables. Ils évoquent les conséquences des milliers de faillites, des licenciements, du chômage, de la pauvreté et objectivement, ils ont raison.

Ils sont confortés par ceux qui disent que plus les entreprises sont fragilisées aujourd’hui, par exemple par leur fermeture, plus le tissu économique aura des difficultés à se relever et que cela aura un impact économique, mais aussi sanitaire et surtout social.

Ces positions sont-elles contestées par certains ? 

Elles sont en tous cas relativisées. Car plus il y a de malades, de quarantaines, de décès, plus il y aura des confinements et des re-confinements, moins vite l’économie pourra se relancer et sortir ses effets économiques mais aussi sociaux. Alors que cette relance économique va beaucoup plus loin que faire plaisir aux entreprises.

On l’a vu, cette crise engendre des inégalités douloureuses et insupportables, un appauvrissement des plus fragiles. On a aussi constaté que l’État pouvait limiter les dégâts mais qu’en aucun cas il n’était capable de se substituer à l’économie pour nourrir les citoyens.

Alors que faut-il faire ?

Faire ce qu’on appelle du "fine tuning", des réglages fins, des compromis et ce que le gouvernement a annoncé vendredi, des compromis, parfois douloureux sur ce déconfinement.  

Comme ne pas rouvrir l’Horeca ?

En effet. Et la décision n’a pas dû être simple, c’est un secret de polichinelle que le lobbying a été intense. Mais rouvrir les magasins avec des mesures de protection strictes, comme la limitation du nombre de clients par mètre carré, le port du masque obligatoire, etc, apparaît moins dangereux que de rouvrir des cafés et des restaurants où les clients restent plus longtemps, sans masque puisqu’ils mangent et boivent et avec éventuellement un comportement désinhibé par l’alcool.

Comment va-t-on sauver l’Horeca ?

En allant plus loin qu’aider le travailleur indépendant, en trouvant les moyens financiers et légaux de diminuer leurs charges fixes, comme par exemple leur loyer. La Fédération de l’immobilier a proposé des crédits d’impôts en échange de franchises partielles ou totale du paiement de ces loyers. C’est absolument indispensable pour sauver les entreprises et les employeurs derrière les exploitants de ces établissements.  

Il ne faut donc pas opposer économie et santé ?

Ce serait stupide. Privilégier l’économie à court terme, en rouvrant tout et n’importe comment ne peut que provoquer un coûteux choc sanitaire qui va freiner la relance dont tout le monde a besoin dans ce pays. Et on peut rappeler à ceux qui critiquent les lobbies que, dans le cas de l’Horeca, ceux-ci défendaient des citoyens parmi les plus faibles que comptent la Belgique et ceux qui à l’heure sont sans doute les moins bien payés, comme me le rappelait un restaurateur vendredi.

 




 

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