Dégâts liés à la sécheresse: le prix des bovins est en chute libre (vidéo)

La canicule et la sécheresse ont poussé les agriculteurs à entamer leurs stocks d'hiver pour nourrir leurs bêtes. Résultat: le prix des bovins a chuté de 100 à 400 euros. Exemple au marché aux bestiaux de Ciney.

Ce vendredi matin au marché aux bestiaux de Ciney, tous pensent pareil. "Pour les vaches d'une certaine qualité, il faut compter entre 100 à 150 euros de moins", comptabilise Pierre Mailleux, marchand de bestiaux, au micro de nos reporters Fanny Dehaye et Aline Lejeune. Des affaires conclues au rabais.

En effet, en moyenne, une vache se négocie entre 1500 et 2200 euros par tête. Un prix diminué de 15-20% minium, depuis un mois. La sécheresse a fait des dégâts. Les coûts chez les engraisseurs augmentent. Le manque d’herbe pousse les agriculteurs à s’organiser. Vincent Calande, marchand de bestiaux: "Les gens ont dû soigner leurs bêtes et entamer leur nourriture d’hiver. Ils vont devoir acheter des aliments pour l’hiver. Cela va coûter cher. Ça se complique."


"Avant cette crise-ci, les trésoreries étaient déjà au plus bas"

Car les aliments de substitution coûtent plus cher cette année. 190 euros la tonne de céréales contre 130, l’an dernier. 90 à 100 euros la tonne de paille contre 60, l’an dernier. Sans parler de la dévaluation de la monnaie turque, grand importateur de viande en provenance de l’Union européenne qui bloque ses exportations. Claude Hubert est également marchand de bestiaux. Il indique: "On a perdu un acteur. J’espère qu’ils reviendront car ils ont toujours besoin d’acheter nos marchandises. Mais aujourd’hui, ils ne savent pas nous les payer. On espère que les banques européennes soutiendront la monnaie turque."

Benoît Cassar, secrétaire de la fédération du commerce de bétail et de la viande, ajoute: "Le drame est que sur la crise conjoncturelle liée à la sécheresse, s’ajoute une crise structurelle qui dure depuis plusieurs années aujourd’hui. Avant cette crise-ci, les trésoreries étaient déjà au plus bas dans le secteur." Pour pallier le manque, le secteur espère de nouvelles politiques cohérentes pour donner des perspectives aux générations futures.

Vos commentaires