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Enquête sur les tueurs du Brabant: un ancien gendarme de la brigade de Termonde privé de liberté

Enquête sur les tueurs du Brabant: un ancien gendarme de la brigade de Termonde privé de liberté

C'est une information exclusive RTL Info. Un ancien gendarme de la brigade de Termonde, Philippe V, a été interpellé hier par la cellule d'enquête des tueurs du Brabant. Il a été entendu durant toute l'après-midi aujourd'hui à Bruges. On le soupçonne d'avoir, en 1986, caché des informations qui auraient peut-être permis à la justice de remonter la piste des tueurs du Brabant. Précisions avec Dominique Demoulin.

En novembre 86, de nombreux objets, attribués aux tueurs du Brabant, sont retrouvés dans le canal de Bruxelles-Charleroi à hauteur de Ronquières. Un gilet pare-balles, une arme à feu volée à un policier et des munitions ont ainsi été extraites des eaux. Mais la découverte de l'époque est troublante. Un an plus tôt, au même endroit, aucun élément n'avait été repêché. Alors, pourquoi y retourner? Le gendarme de Termonde, Philippe V., semble avoir joué un rôle capital dans cette décision.

La veille de la plongée de 1986, l'ancien enquêteur de la cellule Delta chargée des investigations sur les tueries du Brabant se rend sur place pour effectuer des repérages. Il aurait clairement indiqué les endroits où chercher mais ne le reconnaîtra que tardivement. "Il est clair que quand on plonge en 85, on ne trouve rien. Lorsque l'on plonge de nouveau en 86, on trouve un tas d'objets. Ce n'est pas normal", souligne Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral.


Il a été privé de liberté

Le gendarme a-t-il eu beaucoup de flair ou, comme le soupçonne la justice, a-t-il bénéficié d'un tuyau de la part d'un informateur proche des tueurs voire d'un membre de la bande? Le doute plane depuis que les expertises ont montré que ces objets ne séjournaient dans l'eau que depuis quelques semaines, tout au plus.

Philippe V. savait-il qu'ils avaient été jetés là par des membres de la bande? A-t-il caché des informations qui permettraient, aujourd'hui encore, d'identifier les tueurs? C'est ce que les enquêteurs tentent désormais de savoir.

Interrogé hier et aujourd'hui, le gendarme retraité a été privé de liberté. Aujourd'hui, il affirme que l’information sur Ronquières lui a été fournie par un collègue également gendarme à Hal. 

Demain, Philippe V. sera présenté à la juge d’instruction. Il risque d’être inculpé d’association de malfaiteurs et de non-dénonciation d’un crime.  



"Espérons que ce n'est pas une énième piste perdue"

La victime de tueurs du Brabant David Van de Steen a réagi avec prudence à cette annonce. Ce dernier a perdu ses parents et sa sœur dans l'attaque du Delhaize d'Alost le 9 novembre 1985, où huit personnes avaient perdu la vie. "Espérons que ce n'est pas une énième piste perdue, même si on progresse vers un ancien gendarme."

Philippe V. n'est pas un inconnu pour M. Van de Steen. "Il ne m'est pas étranger. Je lui ai déjà parlé et si ce qui lui est reproché est avéré, ce serait très difficile", a-t-il indiqué à Belga. "C'est une piste qui est explorée depuis un certain nombre d'années. L'ancienne équipe d'enquête avait déjà des informations à propos de cette personne, mais cette équipe s'est dissoute."

Après deux commissions d'enquête et trois décennies de recherches, les auteurs de cette vague de braquages et d'assassinats commis entre 1982 et 1985, qui ont fait 28 morts, dont des enfants, n'ont toujours pas été identifiés. L'intention des tueurs du Brabant n'a jamais été déterminée non plus.

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