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Les parents de Mawda, la petite Kurde morte lors d'une course-poursuite, brisent le silence

  • Les parents de Mawda accusent la police d

  • Manifestation à Liège en mémoire de la petite Mawda

 

Pour la première fois depuis le décès de leur fille, les parents de Mawda s’expriment et démentent par la même occasion avoir donné précédemment des interviews à la presse néerlandophone. Les parents ne supportent plus les rumeurs. Ils veulent donner leur version des faits.


D'après les parents, le tir provient d'un véhicule de police

Selon eux, en pleine course poursuite, une voiture de police arrive à hauteur du van qui transportait les migrants. Un passager de cette voiture brandit alors une arme et tire en direction du conducteur de la camionnette. "Quand nous avons entendu le coup de feu, nous avons vu beaucoup de sang couler. Ma femme en était couverte au niveau du cou", confie le père, Shamden Ali Ahmed Shawri.

Car la balle a atteint Mawda. Elle était assise sur les genoux de sa mère à l'avant du véhicule. "Nous avons pris le pouls de notre fille. Il devenait faible. Là, les portes du van se sont ouvertes et tout le monde est sorti. On a porté notre fille dans nos bras en criant 'Ambulance! Ambulance!', mais la police nous braquait et nous disait 'Si vous bougez, on tire!'", précise Shamden Ali Ahmed Shawri.

"Pour la famille de Mawda Shawri, il n'y a aucun doute, c'est un policier qui a tué leur enfant", a dit Olivier Stein, avocat de la famille.

Elle est morte sans sa maman, parce que la maman était menottée pour être emmenée en cellule

Les avocats de la famille Shawri dénoncent la façon dont les jeunes parents de 24 et 25 ans ont été traités par la police. Menottés, arrêtés, et séparés de leur fils aîné, Mohammed. À 4 ans, il a vu toute la scène. "Quand l'ambulance arrive, ils prennent la petite Mawda dans l'ambulance et ils interdisent à la maman de l'accompagner. On nous dit maintenant que l'enfant serait morte dans l'ambulance. En fait, elle est morte sans sa maman, parce que la maman était menottée pour être emmenée en cellule", affirme Selma Benkhelifa, avocate de la famille Shawri

La police savait-elle que des migrants se trouvaient dans la camionnette poursuivie? Selon les parents de Mawda, cela ne fait aucun doute. "Au moins une dizaine de minutes avant le moment où l'unique tir a eu lieu, un enfant qui appartenait à une autre famille a été montré par la fenêtre au véhicule de police qui se trouvait en train de lancer la poursuite juste derrière. À ce moment-là les véhicules ont ralenti, ce qui semblait montrer qu'ils avaient effectivement vu qu'un enfant se trouvait là", explique Olivier Stein, avocat de la famille Shawri.

30 migrants kurdes, dont 26 adultes et 4 enfants, ont été découverts dans le véhicule.
 
Ce lundi matin, les parents de la fillette ont rencontré le Premier ministre Charles Michel, qui aurait tenu à leur présenter ses condoléances.

Mais les avocats de la famille continuent de douter de l'enquête. Ils envisagent de se constituer partie civile dans cette affaire. Demain, la justice leur livrera les premiers éléments de l’enquête et les résultats de l’autopsie. S’ils considèrent que l’enquête est partiale, ils pourraient envisager d’autres démarches et demanderont à ce qu’une commission d’enquête parlementaire soit entamée.

Les parents demandent la justice pour leur enfant dont les funérailles sont prévues mercredi matin à Mons.

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