Marche pour le climat: Près de 33.000 jeunes marchent pour le climat dans plusieurs villes du pays et mettent la pression sur les politiciens

  • Jeunes pour le climat: moins de marcheurs à Bruxelles pour l''acte IV

  • Jeunes pour le climat: défilé dans une ambiance festive à Bruxelles

  • Jeunes pour le climat: près de 15.000 manifestants à Liège

  • Jeunes pour le climat: au coeur de la marche avec Adélaide Charlier

  • Jeunes pour le climat: grosse mobilisation à Charleroi

 

Ce sont au total 32.850 jeunes qui ont défilé pour le climat ce jeudi dans plusieurs villes de Belgique. Les élèves et étudiants ont brossé les cours pour regretter que les femmes et hommes politiques du pays ne s'impliquent pas plus pour mettre en oeuvre une plan ambitieux de sauvegarde du climat.

Quelque 12.500 jeunes ont défilé à Bruxelles, selon le comptage officiel de la police. La tête du cortège a démarré peu avant 10h30 de la gare du Nord. Les derniers manifestants ont rejoint la gare du Midi vers 13h00. Si les jeunes étaient moins nombreux que jeudi dernier, ils n'en étaient pas moins déterminés. Sur les pancartes des marcheurs on pouvait lire: "T'es bonne sans carbone", "le climat c'est comme la bière, plus il est chaud, moins c'est bon", ou encore "No pollution is the solution".

Au centre de leurs préoccupations, les jeunes citent le plastique, l'accumulation des déchets, la pollution de l'air, le coût élevé des transports publics, le régime fiscal favorable aux voitures de société ou encore l'absence de taxation du kérosène. A Liège, c'est un cortège d'environ 15.000 personnes qui a démarré de la place des Guillemins à 10h30 pour se diriger vers la place du Marché, en passant par la rue des Guillemins, les boulevards d'Avroy et de la Sauvenière, la rue Joffre et la place Saint-Lambert. Les organisateurs de la version liégeoise de la marche des étudiants pour le climat espéraient réunir 5.000 personnes.


Brosser les cours pour manifester

Ils avaient par ailleurs déjà négocié avec plus d'une vingtaine d'établissements scolaires pour permettre la participation de ces étudiants. La Ville de Liège avait manifesté son soutien en soulignant qu'aucun élève absent ce jour ne serait sanctionné. La mobilisation ne semble ainsi pas faiblir, au contraire, puisque des écoles primaires se sont jointes au mouvement auquel participent principalement des élèves du secondaire et du supérieur.

A Charleroi, 2.000 jeunes s'étaient donné rendez-vous à 13 heures devant la gare pour entamer leur marche. La plupart d'entre eux ont brossé les cours pour venir manifester mais les écoles se sont montrées souvent conciliantes avec ceux qui voulaient marcher. Certains professeurs ont même encouragé leurs élèves à quitter l'école plus tôt. Parmi les manifestants s'étaient glissés des gilets jaunes et quelques représentants politiques plus ou moins incognito.

La marche s'est terminée au pied de l'Hôtel de Ville où elle a été accueillie par le bourgmestre, Paul Magnette. Il a ensuite reçu une importante délégation d'étudiants. A Louvain, plus de 3.000 écoliers et enseignants issus de 27 écoles primaires ont défilé et à Anvers, la 3e édition de l'action a réuni quelque 350 jeunes partis en cortège jusqu'au centre-ville. Arrivés Place de l'Opéra, ils ont formé un cercle et observé une minute de silence, symbolisant "l'enterrement du climat". A Bruxelles, le comité d'initiative de la pétition "Déclarons l'état d'urgence environnemental" a appelé ce jeudi "tous les fonctionnaires et employés du public travaillant à Bruxelles à rejoindre la manifestation des jeunes pour le climat pendant leur pause de midi".

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Revivez la journée, minute par minute, grâce à nos envoyés spéciaux: 

14h34 - La police confirme les premières estimations. Quelque 12.500 jeunes ont pris part jeudi matin à Bruxelles à une nouvelle manifestation pour le climat, selon le comptage officiel des forces de l'ordre. La tête du cortège avait démarré peu avant 10h30 de la gare du Nord. Les derniers manifestants ont rejoint la gare du Midi vers 13h00, où ils devaient se disperser. Si les jeunes étaient moins nombreux que jeudi dernier, ils n'en étaient pas moins déterminés. "Nous avons réussi à placer le climat au rang des priorités politiques", s'est félicitée la co-organisatrice des "grèves scolaires", Anuna De Wever. "La question n'est plus de savoir si nous atteindrons les objectifs climatiques, mais quelles seront les solutions mises en œuvre pour y arriver."  

14h20 - Le bourgmestre de Liège a reçu une délégation d'étudiants. 

La Ville de Liège a reçu la délégation des jeunes impliqués dans le "Rassemblement des jeunes liégeois pour le climat". "Ce matin, j'ai rencontré une délégation des jeunes organisateurs avec les échevins Gilles Foret (en charge de la Transition écologique) et Pierre Stassart (en charge de l'Instruction publique). C'était l'occasion de recevoir leurs revendications et d'entamer avec eux un dialogue franc et stimulant sur les actions que la Ville de Liège peut mettre en œuvre", a noté le bourgmestre, Willy Demeyer. 

13h40 : les jeunes seraient environ 1.500 à Charleroi, selon la police. Au micro de RTLINFO, Théo, 19 ans, espère qu'ils "seront entendus". L'organisateur de la Marche carolo trouvait "important que les gens se réunissent à Charleroi. On soutient à 100% la manifestation de Bruxelles, mais on voulait aussi montrer qu’à Charleroi, les gens sont touchés par la question du climat". Le jeune homme a écrit une liste de propositions concrètes qu'il va soumettre aux dirigeants carolos. "Il y a plein de petites initiatives. On veut que ce soient des choses qui touchent directement les citoyens de Charleroi. Il y a, par exemple, le problème des mégots de cigarettes, les transports en commun qui ne sont pas assez mis en avant et trop onéreux, les pistes cyclables qui sont inexistantes et quasiment jamais utilisées. Ce sont ce genre de choses que l’on voudrait remettre en avant à Charleroi pour parvenir, à terme, à quelque chose de concret."


12h20 : les jeunes seraient 12.500 à marcher à Bruxelles selon les premières estimations.
Un chiffre est tomé en Flandre également: il y a 3.000 jeunes dans les rues de Leuven, en provenance de 27 écoles.

11h55 : ils seraient quasiment 15.000 à marcher à Liège, selon la police.
Il s'agit d'une des manifestations les plus importantes de ces dernières années dans la cité ardente. La semaine dernière, ils étaient 1.500. Parmi eux, Cyril, 17 ans, de l'Athénée de Liège 1, qui a chauffé la foule depuis le haut de la gare des Guillemins : "Ca fait du bien de voir une telle manifestation à Liège et j'espère que Mme Marghem nous entendra pour faire changer les choses parce que comme vous le voyez on n'en peut plus." Aurore, 18 ans, de Theux, est heureuse que les jeunes "commencent tout doucement à se faire entendre. C'est beaucoup de monde et c'est tant mieux". Quant à Clara, 16 ans, de Herve, elle estime que "ça fait plusieurs semaines qu'on est dans le sujet et ça change chez nous, mais je trouve que ça devrait changer au niveau politique".

11h30 : des jeunes préviennent les politiciens en place : les élections approchent !

Sébastien De Bock et Xavier Gérard ont continué leurs interviews de manifestants à Bruxelles. Il en ressort qu'ils attendent plus qu'être simplement entendus. Ils veulent des actes concrets. Car comme le souligne Kenza, les jeunes, eux, ont déjà commencé à changer à leur petit niveau. "J'ai vu plusieurs jeunes arrêter d'acheter des bouteilles en plastique et utiliser des gourdes par exemple. Ou j'ai vu plus de jeunes prendre plus les transports en commun ou aller en vélo à l'école. Je vois des changements chez les jeunes mais pas encore assez chez les politiciens et c'est pour ça que je n'arrêterai pas de revenir jusqu'à ce qu'il y ait des changements." Pour Johanna, 14 ans, "les adultes ne font rien donc c'est à nous de faire quelque chose. Ils disent beaucoup mais n'agissent pas vraiment". Adélaïde Charlier, la co-organisatrice de la marche Youth for Climate, demande plus que des promesses : "Si on est là, c'est parce qu'on n'a pas reçu ce qu'on demandait. On attend des actions concrètes et plus fortes. Des résultats de la Belgique. On veut que notre pays ne soit pas les derniers de classe comme maintenant." Et si rien n'est fait, les politiciens actuels pourraient le regretter selon Naomi, 16 ans : "On peut décider, on a le choix. Le 26 mai, on a le choix de choisir nos politiciens qui pourront faire bouger les choses."


11h15 - la mobilisation est très importante à Liège.
 Notre envoyé spécial estime qu'il y a environ 5.000 jeunes et étudiants à la gare des Guillemins. C'est trois fois plus que la semaine dernière. Les élèves viennent de nombreux établissements de la région. Toute la province de Liège est représentée, de Huy à Verviers. Les élèves que nous avons rencontrés sont âgés de 15 à 18 ans principalement. Cette troupe a pris la direction du centre-ville vers 11h, une marche d'environ 3,5 km en direction de la place du marché, devant l'hôtel de ville, pour sensibiliser encore une fois les politiques.

Cliege


10h30 - Les "Grands-Parents pour le Climat" soutiennent les jeunes

De nombreux membres des "Grands-Parents pour le Climat" sont venir suivre la marche des jeunes à Bruxelles ce jeudi. L'une d'entre eux a expliqué à notre journaliste Sébastien De Bock: "On est là pour les encourager. Ils sont inquiets, c’est leur avenir. A partir du moment où la jeunesse s’y met, on y croit. On sent leur énergie. Ce sont les électeurs de demain. C’est leur avenir qu’ils sont en train de crier. J’ai vu des jeunes qui, pour la première fois, ont envie de se regrouper, de devenir collectifs. On sort des individualités ! Ils sont prêts à ce que les politiques prennent des mesures, ils sont prêts aux contraintes. J’espère qu’ils seront plus de 35.000 aujourd’hui parce que la pression doit monte".

L'une des membres du collectif n'est pas encore grand-mère. Elle avoue craindre de l'être. "C’est urgent et les politiciens se foutent de nous. Ils n’ont toujours pas compris. J’espère qu’ils vont comprendre. Ils racontent et promettent plein de choses, mais ne font rien. J’ai peur d’avoir des petits-enfants, je l’avoue." "Nous savons qu’ils doivent faire ce que nous n’avons pas fait. On se sent coupable. Chaque jeudi, nous sommes là pour les applaudir", continue une autre manifestante. "C’est la joie de voir les jeunes qui se mobilisent. Ce n’est pas un feu de paille, c’est quelque chose qui va être porteur d’une nouvelle sorte de citoyenneté active de la jeune génération", explique une dernière personne.


 

10h - Bruxelles se remplit: Les étudiants arrivent petit à petit à la gare du Nord de Bruxelles. On est encore loin des 35.000 de la semaine passée, mais sur les marches et l'esplanade, il y a de plus en plus de monde. Ces jeunes viennent de Namur, du Brabant wallon ou encore de Bruxelles. Sébastien De Bock et Xavier Gérard ont rencontré, par exemple, plusieurs classes du Collège Roi Baudouin de Schaerbeek, encadrés par professeurs et éducateurs.

Cette activité a du sens pour eux parce que le climat, c'est leur avenir. Ils interpellent les politiciens et préviennent que le mouvement ne s'essoufflera pas. Se sentent-ils entendus ? "Non, ils ne font rien", déplore Mickaël, du collège Roi Baudouin de Schaerbeek. Pour Bastien, qui était aussi là dimanche pour la grande manifestation, "on était plus de 70.000 et aucun changement n'a encore été suggéré, donc on va continuer jusqu'à temps que ça change. Il faut arrêter les belles paroles et passer à l'acte".

Et ils ne sont pas seuls: de l'autre côté de la place, il y a une association de grands-parents qui sont venus soutenir leurs petits-enfants. Le cortège va partir d'ici quelques minutes en direction de la gare du Midi.

8h45 - Des jeunes de Vielsalm se rendent à Liège: en dehors de toute organisation de leur école, une trentaine d'élèves du Sacré-Coeur de Vielsalm (à l'est de la Belgique) ont décidé de prendre le train (1h15 de trajet) pour se rendre à Liège afin de manifester. A la base, davantage de jeunes de cette école (5e et 6e) avaient prévu de s'y rendre. Mais l'école a prévenu les parents qu'ils auraient un jour d'absence injustifiée (et qu'ils n'étaient donc en aucun cas sous la responsabilité de l'école). La directrice de l'école a tenu à préciser que des actions en faveur du climat sont organisées ce jeudi au sein de l'école, qui est d'ailleurs impliquée dans la démarche "école durable". jeune

8h - Des rassemblements devant les gares : Des rassemblements ont déjà lieu en ce moment devant différentes gares, à Namur et dans le Brabant. A Liège, une marche aura lieu dans le centre-ville. Rassemblement à 10h30 à la gare des Guillemins. Départ 11h pour rejoindre la place Saint Lambert. Une marche qui va accueillir des élèves de 5e et 6e primaire, venus de l'école Marcel Thiry Mehagne à Chaudfontaine. Ils seront bien sûr accompagnés de leur institutrice. Manifestations prévues aussi à Tournai, Chimay et à Charleroi, où 5.000 jeunes vont défiler dans le centre-ville cet après-midi.

7h30 - Marie-Martine Schyns suggère une tournante : La ministre de l'éducation propose qu'un roulement ait lieu parmi les élèves pour éviter que ce ne soit toujours les mêmes qui soient absents. Parallèlement, on constate que dans certaines écoles, la manifestation devient une véritable activité pédagogique, encadrée. C'est le cas par exemple pour ces élèves de 5e et 6e primaire de l'école Marcel Thiry Mehagne de Chaudfontaine. Ils se joindront au cortège à Liège après avoir travaillé sur un projet en classe.

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7h - Marie-Christine Marghem "réveillée" :
des jeunes Tournaisiens (issus de mouvements liés à des syndicats ou  organisations chrétiens) bravent le froid et sont à déjà dans la rue pour militer en faveur du climat. Ils se sont réunis devant le domicile de la Ministre fédérale de l'énergie, très décriée ces dernières semaines, Marie-Christine Marghem. Leur but ? L'interpeller de vive voix au saut du lit! Zoé Masquelier (JOC, Jeunesse Ouvrière Chrétienne) fait partie des organisatrices de cette action, elle s'est exprimée sur BEL RTL à 7h: "Madame la Ministre vient de sortir, et une dizaine de jeunes, motivés, étaient là pour l'accueillir, pour lui montrer leurs pancartes. Elle n'a pas voulu s'exprimer, elle n'a rien dit, mais la décision avait été prise de notre côté de ne pas discuter avec elle. Pour nous, c'est elle qui est censée faire son boulot, on voulait juste lui rappeler de faire son boulot, de prendre des mesures ambitieuses. Et on sera toute la journée dans Tournai pour lui rappeler de faire son boulot. On veut montrer qu'on est plus chaud que le climat".


LE TIMING :

A Bruxelles, où il y aura le plus de monde, le rassemblement aura lieu à la gare du Nord à 10h30. Le départ est fixé à 11h00, mais il pourrait être donné plus tôt si la pression est trop importante. La marche passera par les boulevards Pacheco et Lemonnier pour terminer à la gare du Midi. La dislocation est prévue à 12h30.

A Liège, le départ est annoncé à 10h30. A Charleroi, la manif est prévue à partir de 13h.


LE CONTEXTE :

Nous en sommes déjà à l'Acte IV. Une première manifestation avait été organisée par Youth For Climate le jeudi 10 janvier. Quelque 3.000 élèves de l'enseignement flamand avaient alors brossé les cours pour demander au gouvernement fédéral de prendre des mesures fortes pour limiter le réchauffement climatique sous la barre de 1,5°C. La semaine suivante, ils ont été rejoints par des élèves de l'enseignement francophone, portant leur nombre à 12.500. La FEF a appelé les étudiants du supérieur à rallier jeudi dernier ce mouvement de la jeunesse pour l'environnement, faisant grimper le nombre de manifestants à 35.000 personnes. Cette marche sera renouvelée tous les jeudis jusqu'aux élections. Maxime Michiels, président de la Fédération des Etudiants francophones, n'est pas certains qu'il y aura beaucoup plus de monde que la semaine passée, remarquant que si les étudiants sont libérés des examens, beaucoup rentrent dans leurs familles ou partent en vacances entre les deux semestres. Difficile de prédire le nombre de personnes qui seront dans les rues ce jeudi, donc.  La police en attend environ 35.000, rien qu'à Bruxelles.

"On veut faire passer un message aux politiciens", explique Adélaïde Charlier, coordinatrice pour Youth for Climate. "On a peur. Nous les jeunes, on se réveille tous les matins en se demandant si on aura un avenir, comme celui que nos parents et nos grands-parents ont eu. Apparemment, on nous dit non. On a peur et on vient crier cette inquiétude dans les rues".

Harold Fitch Boribon, membre du groupe Génération Climat, remarque que beaucoup de parents et grands-parents leur ont manifesté leur soutien et que certains accompagnent leurs enfants et petits-enfants à la manifestation. Il ajoute que des écoles s'organisent pour encadrer les élèves ou encore réaliser une participation par groupe dans les classes, afin de limiter la perturbation des cours. "Dans l'idée d'une forme de grève générale, on aimerait que d'autres groupes de la société nous rejoignent, parce que c'est important que les jeunes manifestent, mais seuls on n'arrivera pas à grand chose", s'avance Harold Fitch Boribon. "Pour l'instant, on n'a pas vraiment eu de contacts en ce sens".


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