Mehdi Nemmouche lors de la lecture de l'acte de l'accusation: "Il était tout sourire, et là aussi, c’est glaçant"

Le procès Nemmouche

Cet après-midi, le parquet a parcouru 80 pages sur les 185 que compte l’acte d’accusation. De cette première partie, les éléments suivants se dégagent, selon notre journaliste spécialisée dans les affaires judiciaires, Dominique Demoulin: "D'abord, l’étrange personnalité de Mehdi Nemmouche. Au lendemain de son arrestation, il se décrit ainsi : ni emploi, ni revenus, ni domicile, ni voiture, ni téléphone, ni adresse électronique. Un homme qui n’existe pas socialement, s’il est bien l’auteur de l’attentat, il a également fait preuve d’un sang-froid glaçant. L’acte d’accusation répertorie dix témoins des faits. Ils se contredisent sur la couleur de la casquette tu tueur, sur le fait qu’il portait ou non des lunettes, mais tous sont d’accord sur un point : le calme, la détermination du tueur. Comme s’il était un militaire, disent plusieurs des témoins, ou un soldat de l’organisation terroriste Etat islamique, dont il était peut-être l’éclaireur en Europe, c’est une hypothèse".


"On est pressés d’entendre Mehdi Nemmouche mardi et l’acte de défense de ses avocats"

Il reste des questions dans cet acte d’accusation : qui est la personne qui accompagne Mehdi Nemmouche lorsqu’il achète son billet pour retourner à Marseille ? Pourquoi son ADN n’est-il pas sur la porte du musée juif, alors que selon l’acte d’accusation, il tente de pousser cette porte avec la main. Pourquoi voyage-t-il avec des armes qui l’accusent ? "Sur tout cela, on est pressés d’entendre Mehdi Nemmouche mardi et l’acte de défense de ses avocats. Il s’est entretenu avec ceux-ci à plusieurs reprises cet après-midi, et là il était tout sourire, là aussi, c’est glaçant ".


Des éléments "accablants"

"La toile se tisse petit à petit, me paraît-il, et ce qui était instructif et émouvant d’une part, c’est la relation des faits eux-mêmes, et puis la mise en perspective et le déroulement de l’enquête", a réagi Adrien Masset, avocat du musée juif. "C’est un acte d’accusation très clair, très bien ficelé, qui relève énormément d’éléments, je ne vais pas faire l’exégèse aujourd'hui, mais en tout cas, ces éléments sont accablants, à mon sens, et ça ne laisse pas beaucoup de doute quant à la culpabilité des accusés", a déclaré David Ramet, avocat de la famille Riva. 

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