Rétro 2018, une année marquée par les intempéries: "Si un de mes enfants avait été dans la grange, il aurait pu être tué"

Rétro 2018, une année marquée par les intempéries:

2018 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée en Belgique: 11,9 degrés en moyenne à Bruxelles. L'année qui vient de s'écouler a aussi été marquée par les intempéries. Orages, tornades et sécheresse ont frappé notre pays. Et tous les sinistrés n'ont pas été indemnisés.

L’eau, le vent et le feu. Les éléments se sont déchaînés en 2018. Une famille secourue des eaux à Soumagne. Un quartier sous la boue dans le Borinage. Un terril en feu. Des arbres déracinés par la tempête à Beaumont. Des toitures envolées à Laneffe. L’année a malheureusement été gâchée pour de nombreux habitants.


"On a vécu dans le salon pendant quatre mois"

En mai dernier, à Dour, un mur a cédé sous la pression de l’eau chargée de terre, dévastant une dizaine de maisons dont celle de Nicolas Lefebvre, qu’il venait de rénover. "Je ne l’oublierai jamais cette année, c’est sûr", confie-t-il.

Après 5 mois de travaux et 80.000 euros de réparations remboursées par les assurances, le bilan 2018 est morose pour lui et sa famille. "On a vécu dans la pièce d’en haut, dans le salon, pendant quatre mois, à faire à manger, à se laver parfois dans des bassines, à réchauffer de l’eau comme à l’ancienne dans les années 70. Maintenant on commence à retrouver nos marques. Les travaux ont été faits, le plafonnage, le chauffage", raconte le sinistré.

L’entraide a aussi marqué cette année. Dans le jardin, le mur effondré a fait place à une véritable enceinte en blocs de béton pour que le sinistre ne se reproduise plus. "C’était très compliqué. Beaucoup de documents administratifs. Il fallait suivre les travaux. C’est tout un chamboulement dans la vie auquel on doit faire face", assure Guido Di Davide, propriétaire de trois habitations sinistrées.


"J’ai peur que cela recommence"

En août dernier, une tornade a balayé Laneffe. Des rafales de vent accompagnées de pluies ont notamment éventré une grange de 500 m2. Aujourd’hui, le bâtiment est toujours à ciel ouvert. Les propriétaires viennent d’avoir l’accord des assurances pour dégager les débris.

"Vous imaginez si un de mes enfants avait été dans la grange en train de travailler sur une machine, il aurait pu être tué. Cela aurait été terrible. C’est vrai que j’ai peur que cela recommence. Avec le climat et le réchauffement climatique, on a peur que dans les années à venir de telles choses se reproduisent", craint Danielle Goeyens.

Le montant des dégâts est évalué à 294.000 euros. La propriétaire interpelle les autorités. Pour elle, il y a urgence. "Si les gouvernements ne font rien, je pense que la nature va reprendre ses droits et là on ne pourra plus rien faire, ce genre de catastrophes vont se multiplier et l’espèce humaine va disparaître", estime cette sinistrée.

Les travaux de toiture sont prévus au printemps prochain, en 2019. Une nouvelle année que les sinistrés espèrent résolument plus belle.

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