L'aéroport de Charleroi utilisé massivement pour des expulsions? "J'en ai ras le bol!"

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C'est en général depuis Brussels Airport que les personnes en situations irrégulières sont renvoyées dans leur pays. Pour accélérer le processus, et c'est une information RTL info, le gouvernement fédéral et l'office des étrangers souhaitent multiplier les expulsions depuis l'aéroport carolo.

Le gouvernement fédéral et l’office des étrangers souhaitent intensifier les expulsions de personnes en situation irrégulière (sans papiers, personnes ayant reçu un ordre de quitter le territoire). Actuellement, la très grande majorité de ces expulsions sont opérées depuis l’aéroport de Zaventem. L’idée des autorités est de multiplier, dans les prochaines années, les expulsions depuis le Brussel South Charleroi Airport (BSCA), donc l'aéroport de Charleroi.

L’utilité de cette intensification est d'expulser plus vite les étrangers concernés pour limiter leur temps de détention en centre fermé (réduction de 5 à 6 jours des séjours en centre 127 bis).


"Augmenter la fréquence aujourd’hui, ce n’est pas possible"

Mais Jean-Jacques Cloquet craint que le secrétaire d’État à l’asile et la migration Théo Franken ne précipite les choses. "On n’est pas contre, quand ça doit être fait, ça doit être fait, mais de le lancer de manière systématique et d’augmenter la fréquence aujourd’hui, ce n’est pas possible, on n’a pas les moyens de le faire correctement. Pour moi, c’est mettre en péril la sécurité de mon personnel, du personnel de police ou autre, c’est hors de question", a insisté Jean-Jacques Cloquet, administrateur-délégué de l’aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud.


"On n’est pas des amateurs"

Les avantages de l’aéroport de Charleroi sont nombreux : il est le deuxième plus grand du pays et il propose des destinations prisées par l’office des étrangers, notamment les pays du Maghreb ou encore l’Albanie. Mais il pose aussi des problèmes. Les infrastructures ne sont pas adaptées et le personnel n’est pas formé. "Il faut des infrastructures adéquates, alors on dit : ‘Oui on peut faire du temporaire’. J’en ai ras le bol du temporaire. Il faut travailler de manière professionnelle. On n’est pas des amateurs. Il faut des effectifs de police. N’oublions quand même pas qu’il y a une loi qui a été changée où on contrôle encore plus les passeports, donc il a fallu renforcer les effectifs, parfois on n’en a même pas assez", s’est énervé M. Cloquet.


Des investissements importants

Actuellement, quelques expulsions ont parfois lieu depuis Charleroi, mais avec des policiers rapatriés de Zaventem, ce qui constitue une perte de temps. L’intensification des expulsions depuis Charleroi nécessitera des investissements importants, dans les prochaines années : formation adaptée et poussée de policiers carolos à la procédure ; création d’un centre de détention pour étrangers à Jumet (prévue en 2022) ; aménagement de nombreuses salles de transit où parquer les personnes en attente de leur expulsion.

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