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Paul Magnette a demandé à être déchargé de sa mission: qui prendra le relais?

Paul Magnette a demandé à être déchargé de sa mission: qui prendra le relais?
© RTL INFO

L'informateur Paul Magnette (PS) a demandé au Roi à être déchargé de sa mission. Le chef de l'Etat tient sa décision en suspens et entame des consultations, a annoncé lundi le Palais royal dans un communiqué. Il a entamé sa série d'audiences avec celles des présidents des partis libéraux francophone et flamand, Georges-Louis Bouchez et Gwendolyn Rutten. Au sein d'une éventuelle alliance "arc-en-ciel", associant les libéraux, les socialistes et les Ecolo, ce sont justement les libéraux qui ont été les plus critiques.

Le Roi recevra mardi matin le président du CD&V (chrétiens-démocrates flamands), Joachim Coens, à 9h00. Il sera suivi par le président de la N-VA (nationalistes flamands), Bart De Wever, à 10h15, et la présidente de Groen (écolos flamands), Meyrem Almaci, à 11h30.

Magnette avait opéré un changement de méthode

Le président du PS avait reçu une mission d'information le 5 novembre, après l'échec de la préformation menée par Rudy Demotte (PS) et Geert Bourgeois (N-VA). La veille, sur les plateaux de télévision, il avait exprimé l'impossibilité pour son parti de s'allier aux nationalistes, invoquant notamment leurs revendications institutionnelles. Pour la première fois depuis les élections, un président de parti se voyait ainsi confier une mission royale.

M. Magnette a rapidement ouvert le jeu: là où les informateurs Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a) avaient restreint leur travail à six formations (les socialistes, les libéraux, la N-VA et le CD&V, soit la coalition dite bourguignonne) M. Magnette a inclus dans ses consultations non seulement les partis précités mais également les écologistes, le cdH et DéFI.

L'informateur a également opéré un changement de méthode: il a éprouvé les convergences possibles entre les partis sur une série limitée de thèmes avant de parler de coalition. L'hypothèse d'une coalition arc-en-ciel (les familles socialiste, libérale et écologiste) a alors pris davantage corps.

"On a travaillé avec tous les partis politiques, on a identifié des priorités, on a travaillé sur des convergences et commencé à trouver des solutions sur des sujets très importants comme l'emploi, la santé, les pensions, la justice, la transition climatique", a-t-il souligné dans une vidéo postée sur Twitter.

A ses yeux, il est temps que chacun prenne ses responsabilités, entendait-on lundi. Le scénario d'une coalition arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes) complétée par le CD&V et/ou le cdH est sur la table. Jusqu'à présent, les libéraux n'ont pas fermé la porte. Le travail de l'informateur ne "peut être jeté par-dessus bord", estiment-ils même s'ils le jugent "encore insuffisant".

L'Open Vld ou le CD&V pourrait reprendre la main

La logique politique voudrait dès lors que l'Open Vld prenne le relais du président du PS dans le cadre d'une préformation ou d'une formation... à moins que le Palais ne charge un CD&V d'une nouvelle mission.

L'arc-en-ciel ne dispose que d'une majorité très courte à la Chambre (76 sièges sur 150) et n'a pas de majorité dans le groupe linguistique flamand. L'ajout des chrétiens-démocrates résout le premier problème, pas le deuxième. Le CD&V et certaines personnalités de l'Open Vld ont estimé qu'il fallait envoyer au front la N-VA. Ils craignent qu'un arc-en-ciel même élargi ne passe pour une coalition anti-N-VA et permette aux nationalistes de se poser en victimes. Une mission confiée à la N-VA risque toutefois de mener à un retour à la case départ.

Bart De Wever n'exclut pas de prendre une mission mais il faudra repartir de -20

Avant que Paul Magnette ne remette son rapport au souverain, le président de la N-VA a déclaré ne pas exclure d'effectuer un tour de piste dans le cadre de la formation d'un gouvernement fédéral. Selon Bart De Wever, peu importe le nouveau chargé de mission désigné par le Roi, il devra repartir de "-20", estime-t-il.

"Je peux éventuellement le faire mais les dégâts causés par le VLD sont énormes. J'ai rencontré M. Magnette (samedi soir, ndlr) et il a le goût de sa bouillie arc-en-ciel bien en bouche (...) Il faudra beaucoup de dentifrice flamand pour se laver la bouche", a-t-il déclaré, interrogé par la VRT avant le Bureau de son parti.

Après la mission d'information remplie par le duo Reynders (MR)- Vande Lanotte (sp.a), M. De Wever était prêt à recevoir une nouvelle mission aux côtés de M. Magnette, a-t-il assuré, mais celui-ci a refusé et c'est un duo Demotte (PS)-Bourgeois (N-VA) qui a été chargé de la "préformation" d'un gouvernement, sans succès. Si le ton employé à l'égard de l'Open Vld est particulièrement dur, le leader de la N-VA ne jette toutefois aucune exclusive sur les libéraux flamands. En cas de coalition "bourguignonne" (rassemblant le PS et la N-VA), les libéraux flamands ne seraient en effet pas nécessaires. "S'il devait y avoir une nouvelle phase, il faut explorer toutes les nouvelles pistes et le plus idiot serait de commencer à exclure", a-t-il dit. Et d'ajouter: "j'ai peur que nous soyons moins loin qu'au début". Le président de la N-VA juge toujours que le confédéralisme est la meilleure solution pour diriger un pays qui a voté à gauche au sud et à droite au nord. Les électeurs flamands "veulent une politique migratoire, de sécurité et de création d'emplois qu'on ne peut pas leur donner car on doit prélever des milliards d'euros d'impôts pour entretenir des électeurs passifs (au sud du pays, ndlr)", a-t-il affirmé.

M. Magnette n'a pas souhaité réagir à ces déclarations qui sont, d'après lui, "injurieuses" et "n'élèvent pas le débat politique".

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