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Près de la moitié des électeurs de 3 communes wallonnes ont choisi le vote antisystème: qu’est-ce que cela signifie?

Un constat interpellant a été développé dans le RTL Info 13h ce jeudi. Près de la moitié des électeurs de Charleroi, Seraing et Herstal n’ont pas voté dimanche dernier pour un parti classique. Ils ont adopté une attitude qu’on peut qualifier d’antisystème.

Le journaliste Antonio Solimando a mené l’enquête. Il a répondu aux questions de Julie Denayer dans le RTL Info 13h.

Julie Denayer : Tout d’abord, qu’entend-on par "vote antisystème" ?

Antonio Solimando : "On a additionné les électeurs qui ne se sont pas rendus dimanche aux bureaux de vote, ceux qui ont choisi le vote blanc, ceux qui ont choisi un parti anticapitaliste comme le PTB, qui est le plus connu, et enfin, tous les électeurs qui ont choisi de voter pour des partis de droite radicale ou d’extrême droite."

Pourquoi particulièrement à Charleroi, Seraing et Herstal, quel le point commun entre ces 3 communes ?

"Il y a une raison probablement socio-économique et une autre plus politique. La raison socio-économique, c’est que ce sont des bassins miniers, des bassins sidérurgiques déchus, avec une classe ouvrière qui a été déclassée et donc un vote de rejet de la classe politique qui a échoué à leur donner des solutions pour sortir du marasme économique. La raison plus politique, c’est qu’on retrouve dans ces trois villes un parti, le PS, qui détient les clés, qui est en majorité absolue et donc donne peut-être l’impression aux électeurs que le fait d’avoir un seul parti au pouvoir ne permet pas un renouvellement de la classe politique. Un vote donc plus facilement de rejet."

Ce chiffre de 45 % d’électeurs qui font ce choix antisystème est-il en hausse ?

"Si on prend spécifiquement la situation de Charleroi, on peut dire que c’est effectivement en hausse. On a regardé les trois dernières élections communales. Si on revient à 2006, on était à environ 31% d’électeurs qui étaient antisystèmes. C’était 37% il y a 6 ans. On est à 45% avec un transfert de voix entre les partis d’extrême droite et quelque chose de beaucoup plus anticapitaliste aujourd’hui, symbolisé notamment par le PTB."

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