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Démissions d'élus communaux en cascade au PTB: "On vous dit quoi voter, à qui parler, qui détester" (vidéo)

 
 

Comme d’autres mandataires PTB à Molenbeek et à Forest, trois conseillers communaux bruxellois ont eux aussi décidé de quitter leur parti. Zahour Loulaji, Abdelmajid Tahiri et Said Talbi siègent donc à présent en tant que conseillers indépendants dans la majorité. Le parti a réagi en affirmant que les élus en question auraient été déçus de ne pas figurer sur la liste pour les élections régionales et qu'ils ne respectaient pas les règles du PTB.

Les dénonciations des conseillers communaux PTB désormais indépendants sont surprenantes: "Absence flagrante de vision, incohérence politique et mensonges, (...) manque de démocratie interne, interdiction de voter pour des propositions PS ou Ecolo qui vont pourtant dans le bon sens". Selon eux, "quand on est au PTB, on nous fait détester les autres!".

Le Parti du Travail de Belgique nie en bloc: "un parti de gauche radical a des principes radicaux" (...) "S’ils renoncent à leur engagement, leur mandat appartient au parti". Le débat était lancé aujourd'hui dans "C'est pas tous les jours dimanche".

On nous a vendu du rêve au départ

La moitié des conseillers communaux PTB de Bruxelles-Ville a tourné le dos au parti et siège désormais comme indépendant. "Pourquoi partir?", demande Christophe Deborsu à Saïd Talbi, conseiller communal à Bruxelles-ville. "Parce que quand je suis arrivé au PTB, je suis arrivé avec des principes. Et j’ai vu qu’ils ne convenaient plus au parti. On nous a vendu du rêve au départ, et ce rêve n’était pas la réalité pour laquelle je m’étais engagée en politique", explique l'ancien conseiller communal PTB.

"Je suis élu communal, je m’occupe d’une commune et on recevait des directives à signer. On est des presses-bouton. On a pas de mot à dire, on nous dit ce qu’on doit faire. Par exemple, on nous dit de voter du point 51 au point 63, de s’abstenir de 41 à 45, sans savoir ce qu’on vote. Puis au final, quand on voit que les propositions sont bonnes, c’est trop tard", indique Saïd Talbi.

On essaye de vous sectariser au milieu du conseil communal

Un autre conseiller, qui a lui aussi tourné le dos au PTB, raconte "on nous faisait détester les autres partis".

"On vous dit: il ne faut pas adresser la parole à telle personne, que telle autre est mauvaise, on essaye de vous sectariser au milieu du conseil communal. Il est très très mal vu d’adresser la parole à un gars du PS, d’Ecolo…", confie Saïd Talbi.

Le conseiller communal évoque une anecdote. "Après un conseil communal, on a été boire un verre et j’ai dit que Monsieur Philippe Close, bourgmestre socialiste de Bruxelles, était une bonne personne. Là, je me suis fait lyncher par les autres conseillers communaux PTB. Ils m’ont dit que ce n’était pas comme ça, que le gars était un opportuniste, un capitaliste, un fils de banquier… Je leur ai dit au final, il est socialiste, ce qui est plutôt ma fibre. Et je trouve que Monsieur Close est quand même quelqu’un de bien".


La version du PTB

La cheffe de groupe PTB, Mathilde El Bakri, a affirmé au journal 'Le Soir' que les trois élus étaient déçus de ne pas figurer sur la liste régionale mais aussi qu'ils ne respectaient pas leurs engagements à l'égard du parti, notamment celui de reverser le montant des jetons de présence au PTB (300 euros par mois). "Nous sommes des militants de gauche, profondément engagés. Nous nous battons depuis de nombreuses années pour une société plus juste et nous voulons plus que jamais poursuivre notre combat pour tou.te.s les Bruxellois.es, en tant que conseillers indépendants à la Ville de Bruxelles", conclut le communiqué.


 




 

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