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Tadjikistan: le principal parti d'opposition classé organisation terroriste

(Belga) Les autorités tadjikes ont classé mardi le principal parti d'opposition comme "organisation terroriste", l'accusant d'être à l'origine des combats meurtriers qui ont endeuillé début septembre cette ex-république soviétique d'Asie centrale.

La Cour suprême du Tadjikistan a approuvé la demande du Parquet général sur la fermeture du parti de la Renaissance islamique, seul parti islamique légal dans le pays avant son interdiction fin août et l'arrestation de ses cadres mi-septembre. "L'objectif du parti était de renverser l'ordre constitutionnel du Tadjikistan", a estimé la Cour dans un communiqué, le qualifiant d'organisation terroriste. "Au cours des cinq dernières années, 45 membres du parti de la Renaissance islamique ont commis des crimes graves", ajoute le communiqué. Les autorités tadjikes accusent les membres de ce parti, considéré comme modéré, d'être à l'origine de violences qui ont fait plus de 40 morts en septembre lors d'affrontements entre rebelles et forces de l'ordre. Selon Douchanbe, les rebelles étaient menés par Abduhalim Nazarzoda, un membre du parti et ancien vice-ministre de la Défense destitué et tué lors d'une opération des forces spéciales. Ces dernières avaient capturé 125 combattants. Les autorités avaient déjà procédé mi-septembre à l'arrestation de trois vice-présidents du parti, plusieurs conseillers, des responsables régionaux et du porte-parole du parti d'opposition. Un avocat du parti a également été arrêté cette semaine pour fraude et escroquerie. Le président du parti, Moukhiddine Kabir, a quant à lui quitté le Tadjikistan en mars et réside en Turquie. Les ONG de défense des droits Human Rights Watch, le Comité d'Helsinki et l'Association pour les droits de l'Homme en Asie centrale accusent les autorités d'avoir lancé un "assaut de grande ampleur sur les opposants" dans le pays. (Belga)

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