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"Ma mère hurlait de douleur, elle se faisait boxer par un co-résident": Anne dénonce les maltraitances envers les seniors

  • Les seniors de plus de 65 ans souvent confrontés à la maltraitance

  • "Ma mère hurlait de douleur, elle se faisait boxer par un co-résident": Anne dénonce les maltraitances envers les seniors

 

Ce samedi est la 14e journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées. En 2018, en Wallonie, "Respect seniors", l’Agence wallonne de lutte contre la maltraitance des personnes âgées a enregistré 856 fiches "maltraitance", contre 820 fiches en 2017.

856 personnes âgées ont été victimes de maltraitance en Wallonie en 2018. Leur nombre augmente chaque année. La lutte contre toutes les formes de maltraitance envers les seniors existe depuis 10 ans dans la capitale et dans le sud du pays.

Le service wallon Respect Seniors a rédigé l'an dernier 856 fiches maltraitances sur plus de 1.300 appels. C'est davantage qu'en 2017. "Dans 30% des situations, on parle de maltraitances psychologiques. Viennent ensuite les maltraitances financières, puis les maltraitances civiques ou négligences", éclaire Dominique Langhendries, directeur de l’Asbl.

On entend par "maltraitances civiques" le fait de décider à la place du senior, en le privant par exemple de ses papiers d'identité ou lui imposer un choix thérapeutique. La maltraitance physique se rencontre dans 12% des cas. "Cette maltraitance s'observe tant à domicile qu'en institution. C'est vraiment un ensemble d'acteurs qui se retrouvent en souffrance dans des situations difficiles", assure Amandine Kodeck, directrice de l’association Infor-homes qui comprend le service "Ecoute seniors".


"Le personnel n'est pas en nombre suffisant pour surveiller les résidents"

Anne a été le témoin direct de plusieurs formes de maltraitances vis-à-vis de sa maman de 93 ans placée en maison de repos et de soins. Elle dénonce tout d'abord une négligence. "Le personnel n'a pas le temps de changer les gens assez souvent", témoigne-t-elle. "On ne prend plus le temps de dire bonjour ni d'aller bavarder avec ma mère", ajoute-t-elle. 

Elle assure que de la violence physique existe dans les maisons de repos. Elle se fait entre résidents. "Le personnel n'est pas en nombre suffisant pour surveiller les résidents qui sont parfois pris de pulsions violentes. Ce n'est juste quelques minutes mas ça peut donner lieu à des orteils cassés, des dents cassées, des coups de poing dans la figure", assure-t-elle. 

Un jour, alors qu'elle se rendait à la maison de repos, Anne a surpris un résident s'en prendre physiquement à sa mère. "Elle hurlait de douleur. J'ai accouru. Elle se faisait boxer par l'un de ses co-résidents", explique-t-elle.


Des numéros d'aide existent

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1 personne âgée sur 10 dans le monde est confrontée chaque mois à la maltraitance. C’est sans doute une sous-estimation. Seulement 1 cas de maltraitance sur 24 est notifié parce que les personnes âgées craignent souvent de signaler les mauvais traitements à la famille, aux amis, ou aux autorités. 

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"Les auteurs désignés sont quand même des membres de la famille dans plus de 60% des appels que nous recevons", nous explique Dominique Langhendries. Des numéros existent pour dénoncer ce genre de cas. En Wallonie, il faut composer le 0800/30.330. Il s'agit d'un numéro gratuit. À Bruxelles, le numéro est payant. Il s'agit du 02/223.13.43.

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