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23.000 esclaves des temps modernes en Belgique: ils ne sont pas toujours là où on le pense

23.000 esclaves des temps modernes en Belgique: ils ne sont pas toujours là où on le pense

Selon les estimations du Global Slavery Index, il y aurait en Belgique 23.000 personnes en situation d’esclavage moderne, notamment d'exploitation sexuelle ou économique. Bernard Lobet a mené l’enquête.

Il y aurait 23.000 esclaves dans notre pays. Selon un baromètre international, ces hommes, femmes et enfants seraient exploités chez nous. La police fédérale enregistre chaque année 500 plaintes, mais ce ne serait que le sommet de l’iceberg. Beaucoup de personnes exploitées redoutent de dénoncer leurs bourreaux par peur de représailles.

L’infraction est punie d’un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de cinq cents à cinquante mille euros. Mais les victimes ne sont pas seules. Celles qui décident de parler peuvent demander de l’aide à des associations telles que Pag-Asa, qui signifie "espoir" en philippin. Sa directrice explique qu’ils accompagnent 150 à 200 victimes. "D’abord, elles passent par notre maison d’accueil qui est un endroit sécurisé où elles peuvent se reposer et reprendre des forces. Elles restent là pendant 4-5 mois. Ensuite, elles vont habiter dans leur appartement quelque part que ce soit à Bruxelles ou ailleurs."

Mais l’accompagnement ne s’arrête pas là, ces personnes sont suivies pendant 3 à 5 ans. "Toutes les semaines ou tous les mois, elles viennent à Pag-Asa pour leur rendez-vous avec leur assistante sociale ou juridique justement pour les aider à reconstruire leur avenir, leurs vies en Belgique et aussi pouvoir suivre toute l’enquête judiciaire et le procès qui aura lieu contre les trafiquants." Il s’agit principalement de cas d’exploitation sexuelle et économique.

Selon les Nations Unies, la traite des êtres humains est le troisième business criminel le plus lucratif, après le trafic de drogues et des armes. Les domaines où s’exercent cette traite sont plus variés qu’on ne le pense : la prostitution, l’exploitation économique, le transport, les restaurants, la construction, le travail domestique, le travail saisonnier ou encore la mendicité.

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