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Armée, protection civile, pompiers… la Belgique est-elle prête à réagir à une attaque bioterroriste?

Une simulation d'exercice catastrophe a regroupé une centaine de personnes ce matin.  Police, armée, pompiers, centre de crise.  Le scénario: un laboratoire de fabrication d'arme biologique est découvert...  L'exercice permet de déterminer qui fait quoi et dans quel ordre procéder.  Arnaud Gabriel et Michel Heerincks y ont assisté pour le RTL info 13h.

Les hommes en bleu de la protection civile sont les premiers à intervenir. Leur mission est délicate. Tous les gestes sont millimétrés. Les appareils mesurent les risques biologiques, radioactifs et chimiques. Le danger est omniprésent.

"Notre rôle, c'est de sécuriser le personnel qui va intervenir, c'est-à-dire nous rendre devant l'endroit où le laboratoire a été découvert et voir si les personnes du laboratoire peuvent rentrer sans risque", explique Jean-Marc Dehenauw, de la protection civile de Ghlin. 


"Ça peut prendre des heures, voire des jours entiers"

En aucun cas, les membres du labo n'entrent seuls sur les lieux. Dans le poste de commandement opérationnel, les images sont retransmises en temps réel. La communication avec les hommes de terrain est directe. La défense est aussi présente sur les lieux en renfort, à la demande du gouvernement fédéral.

"Dans un cas d'attaque terroriste avec des moyens chimiques, biologiques, vous vous rendez compte que, vu le danger et vu le travail qu'il faut effectuer, que ça va prendre des heures voire des jours entiers", évalue Rik Van Haecke, officier à la composante terre. 

En parallèle, les substances sont analysées dans ce laboratoire mobile sous tente. Les premiers résultats sont inquiétants, comme le constate Mostafa Bentahir, chercheur à la Défense.

"L'analyse de la peau révèle qu'il y a des spores de Bacillus anthracis, qui est un agent pathogène très dangereux, qui peut générer des dégâts au niveau santé humaine et tuer pas mal de personnes".


"Cela peut se produire n'importe où en Europe"

Ces derniers mois, ce genre d’exercice se multiplie en Europe car le risque d’une attaque bioterroriste existe.

"Si cela peut se produire à Salisbury, cela peut se produire n’importe où en Europe. Ces exercices nous aident à être mieux préparés face à ce genre d’attaque lorsqu’elle se produit", déclare Julian King, commissaire européen de la sécurité chargée de la lutte contre le terrorisme et le crime.

"Dans une crise de grande ampleur telle que constitue ce scénario, il faut absolument que l'ensemble des acteurs puisse se comprendre, puisse savoir exactement quel est leur rôle, quelle est leur place, quand ils doivent intervenir, seuls ou en collectivité", ajoute Jean-Luc Gala, coordinateur du projet et professeur à l'université catholique de Louvain. 

Les résultats de l’exercice seront partagés avec d’autres pays européens. Un réseau d’entraide international devrait être mis en place dans les mois à venir.

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