En ce moment
 

Christian perd la vue mais il n’a jamais pu voir de médecin: l'accès aux soins de santé est de plus en plus compliqué pour les détenus

Les médecins s'inquiètent des conditions d'accès aux soins de santé dans les prisons. Une quinzaine de membre de la Commission de surveillance des prisons a écrit au ministre de la Justice. Selon eux, le manque de moyens rend très difficile le transfert de détenus qui doivent subir un examen médical en dehors des établissements pénitentiaires. En conséquence, de nombreux rendez-vous médicaux sont reportés voir simplement annulés. Les explications de Benjamin Samyn et Gaetan Zanchetta pour le RTL Info 13H.

Après être passé par les établissements pénitentiaires de Mons et Leuze-en-Hainaut Christian est actuellement détenu à la prison d’Ittre, il souffre de pathologies aux yeux.

Benjamin Samyn a contacté l’un de ces proches. "A ce jour, il a perdu la vue d’un œil, le deuxième se dégrade aussi. Et en ce qui concerne Mons et Leuze, souvent par manque de personnel il est impossible de transférer le détenu vers un hôpital. Ils promettaient des rendez-vous mais soit il y avait une grève, soit il n’y avait pas assez de personnel pour l’envoyer à l’hôpital à Mons et donc il n’a jamais pu voir un médecin", confie Sabrina.


Des rendez-vous très souvent postposés 

Une lettre ouverte a été envoyée au ministre par une dizaine de membres de Commissions de surveillances de prison. Parmi eux, Bernard, un ancien médecin. S’il constate les efforts réalisés par les équipes médicales à l’intérieur de la prison, c’est lorsque les rendez-vous ont lieu à l’extérieur, par exemple pour des examens, qu’il y a des problèmes.

"Les médecins prennent un rendez-vous et puis le jour de l’examen très souvent c’est postposer parce qu’il n’y a pas suffisamment de personnel pour accompagner le détenu faire l’examen. Et par exemple, on soupçonnait une tumeur au cerveau chez l’un des détenus, son rendez-vous pour une IRM a été postposé plusieurs fois", révèle Bernard Vercruysse, le président de la Commission de surveillance de la prison d’Ittre.


Le droit d'être soigné est un droit fondamental

Ce genre de situation est connu et les cas ne sont pas rares. Cela pose de véritables problèmes par rapport au droit du détenu. "Nous sommes là sur un droit qui est un droit fondamental, le droit d’être soigné, le droit d’être soigné correctement. Alors, je ne doute pas que l’énergie qui est mise à profit par les professionnels est une énergie qui est certaine mais le manque est toujours le même. C’est un manque cruel de moyens et les conséquences sont évidemment désastreuses pour les personnes qui sont privées de liberté", souligne l’avocat pénaliste, Fabian Lauvaux.

En réponse au courrier envoyé, le ministre évoque une restructuration du mode de fonctionnement, qui devrait être plus centralisé à l’avenir. Les observateurs attendent que les paroles se transforment en actes.

Vos commentaires