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Coronavirus en Belgique: placée dans un établissement d'aide à la jeunesse, cette petite n'a plus vu ses parents depuis des semaines

 
CORONAVIRUS
 

Les jeunes placés à la Maison d'enfants reine Marie-Henriette, à Bruxelles, ont eu une surprise ce jeudi matin: la reine Mathilde les appelés par visioconférence. Ensemble, avec les éducateurs, ils ont échangé sur la façon dont ils vivent le confinement. Pour la plupart, il s'agit d'enfants placés par le juge. Beaucoup souffrent de l'isolement alors que le personnel doit gérer la fatigue et le stress. L'une de nos équipes s'est rendue dans un autre établissement à Genval.

L'établissement résidentiel de l’aide à la jeunesse du Logis à Genval héberge des enfants et des adolescents de 3 à 18 ans. Des jeunes en difficultés, parfois victimes de parents maltraitants.

Le temps du confinement, la moitié d’entre eux a pu retourner vivre dans leur famille, une décision prise en accord avec le juge de la jeunesse. "Il y a un suivi qui est organisé avec les deux assistants sociaux qui prennent deux à trois fois par semaine contact avec la famille et le jeune, pour voir comment ça se déroule. S'il y a des tensions qui apparaissent, on intervient", explique Emmanuelle Grosjean, directrice du Logis.

Garder un rythme

Pour les autres, une quinzaine d’enfants, ils restent dans le centre 24 heures sur 24. Avec le confinement, il n'y a plus d’école ni de sortie, mais l’équipe encadrante tente malgré tout d’imposer un rythme.

"De 9h30 à 11h30, on a les deux heures d'étude, puis on voit un peu ce qu'on fait durant la journée. Parfois il y a foot. On a droit à 30 minutes ou à 1h de balade, ça dépend des éducateurs", nous confie un jeune.

Les jeunes posent énormément de questions

Au Logis comme ailleurs, l’épidémie de coronavirus génère des questions, des angoisses parfois. Les éducateurs tentent de répondre aux interrogations et de mettre des mots, surtout avec les plus petits. "On en discute. Encore ce midi à table on a beaucoup discuté de ça, et de la suite surtout. Ils sont en questionnement aussi. Quand est-ce que l'école va reprendre? Est-ce qu'elle va reprendre? Est-ce qu'ils vont pouvoir retourner en famille le week-end", indique Christophe De Leener, éducateur au Logis.

Pour moi c'est de la triche parce qu'il y a des enfants qui peuvent retourner chez leurs parents

Nous avons rencontré une petite fille de 8 ans qui n’a plus vu ses parents depuis plusieurs semaines. "J'ai le droit de leur téléphoner, on a le droit de faire des appels vidéos, mais on n'a pas le droit de les voir en vrai. Pour moi c'est de la triche parce qu'il y a des enfants qui peuvent retourner chez leurs parents", explique la petite.

Ces situations génèrent de l’incompréhension et de la frustration chez les plus jeunes.

Une période très difficile aussi pour le personnel

Autre difficulté vécue dans ces services d’hébergement: la pression mise sur le personnel qui doit désormais encadrer les jeunes 24 heures sur 24, alors que des éducateurs sont écartés pour raisons médicales. "Pendant une quinzaine de jours on a eu 25% de personnel en moins, ce qui est quand même énorme. Au niveau des encadrements pour les bébés c'était le plus compliqué. Parce que les pour les bébés les pairs de bras sont utiles pour les biberons, pour les câlins, pour tout un tas de choses", précise Manuel Sols, directeur général de l'ASBL Maison d'enfants reine Marie-Henriette.

Pour faire face au manque de personnel, les services d'hébergement peuvent bénéficier du renfort de volontaire venu d’autres services de l’aide à la jeunesse.

 




 

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