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Coronavirus en Belgique: les puéricultrices travaillent "la boule au ventre", sans masque au contact des enfants

Dans les crèches, les distances sociales de sécurité sont quasiment impossibles à respecter. Les puéricultrices vont travailler avec la peur d'être contaminées, même s'il y a beaucoup moins d'enfants que d'habitude. Voici comment elles s'organisent.

Sur la soixantaine d'enfants présents habituellement dans cette crèche de La Louvière, il n'en reste que huit. Pour s'en occuper, certaines règles d'hygiène s'imposent mais le personnel ne porte pas de gants ni de masque. Le but : ne pas effrayer les enfants.

"Pour les enfants c'est important de pouvoir voir l'expression du visage, de pas se retrouver pendant toute une journée accueillis par des personnes qui portent un masque avec lequel on ne voit plus d'expression. C'est toute une réflexion par rapport à ça. Est-ce que ça a vraiment du sens ou pas? On respecte aussi les consignes qu'on a au niveau de l'ONE", explique Géraldine Philippe, infirmière en chef de la crèche de la Malogne.

Pour limiter les risques, le matériel est désinfecté plusieurs fois par jour et par mesure de précaution, la température des enfants est également prise quelques fois sur la journée. Mais il y a une mesure impossible à respecter ici : garder une distance de un mètre et demi.

"Cette distance-là évidemment on demande à notre personnel de la tenir entre eux. Mais vis-à-vis des enfants c'est vraiment impossible. Et puis les enfants, justement dans cette période un peu particulière où ils voient leur milieu de vie qui a changé parce qu'ils sont peu nombreux, ils ont besoin aussi de ce réconfort-là des puéricultrices, de personnes qu'ils connaissent, et donc forcément c'est quand même important aussi", justifie Delphine Deneufbourg, la directrice adjointe du pôle enfance du groupe Jolimont.

Même constat dans cette autre crèche située à Gilly : impossible de garder la distance avec les enfants. Il n'est pas non plus envisageable de porter un masque. Mais le personnel avoue avoir des craintes par rapport au coronavirus.

"Chaque membre du personnel quand il vient travailler, il y a quand même une petite boule au ventre, une certaine appréhension en effet, d'être contaminé mais aussi de retourner chez soi et de contaminer les membres de sa famille. Mais voilà, je pense que toutes les membres de l'équipe qui sont ici sont soudées, sont là pour leur amour de leur travail et des enfants", estime Alice Delwiche, la directrice de la crèche Crac en Lune.

Il est évidemment demandé aux parents d'être également très vigilants. Tout enfant qui manifeste le moindre signe d'infection doit être gardé à la maison.

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