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Critiques, insultes, vandalisme: des agriculteurs ont l'impression d'être dénigrés dans l'opinion publique

Un éleveur de poulets bio a récemment été ciblé par des actes de vandalisme près de Gembloux. De façon générale, de plus en plus d'agriculteurs se sentent victimes d'"agribashing". Ils ont le sentiment d'être dénigrés, par les attaques directes, mais aussi par les injures ou une vision négative dans l'opinion publique. Le mouvement "vegan" leur est particulièrement hostile. Ces professionnels demandent plus de soutien.

Ils connaissent leurs animaux par coeur, les soignent chaque jour. Leur métier n’est pas tous les jours facile, mais c’est avec passion qu’ils l’exercent. Alors forcément, lorsqu’ les spécistes attaquent ces agriculteurs… c’est l’incompréhension. "Quand on voit la manière dont ils sont carrés, et la sûreté avec laquelle ils défendent des thèses totalement contraires à la nature, c'est inquiétant", confie Benoît Cassart, éleveur de blanc bleu belge.


Benoît estime aller dans le sens de la nature

Destruction des étables, entraves à la circulation des tracteurs, insultes, l’"agribashing" énerve. Eleveur de 200 blancs bleus belges depuis 3 générations, Benoît estime pourtant respecter la nature. "L'agriculteur exploite la nature pour nourrir la communauté humaine. C'est quelque chose de naturel qui va dans le sens de la nature. Refuser et nier la nature, c'est quelque chose de dangereux sur le moyen et long terme", commente Benoît.

Je sens que la nervosité monte

D’autant que les normes de bien être animale sont de plus en plus strictes. "Que ce soit au niveau environnemental que du bien-être animal, on a des produits qui sont toujours de plus haute qualité sanitaire. Il y a la traçabilité. Mais plus on en fait, plus on a l'impression d'avoir une image dégradée", indique Marianne Streel, présidente de la fédération wallonne de l’agriculture. "Je sens que la nervosité monte et j'espère qu'un jour on n'arrivera pas à un drame".

Une des pistes, c'est de beaucoup communiquer sur nos pratiques

Répandues en France, ces critiques extrêmes résultent d’une prise de conscience d’une certaine agriculture industrielle. Alors quelle solutions pour contrer ce phénomène chez nous? "Je pense qu'une des pistes, c'est de beaucoup communiquer sur nos pratiques. Expliquer aux citoyens ce qu'on fait, les rencontrer… ce week-end il y a par exemple les fermes en ville à Namur", nous dit Marianne Streel.

D’autres agriculteurs appellent les politiques à se distancer de ces associations extrêmes qui poussent à la délocalisation, alors que paradoxalement notre agriculture se veut de plus en plus locale.

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