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L'Urbex, vous connaissez? "Avec sa politique urbanistique catastrophique, notre pays est un Eldorado"

L'Urbex, vous connaissez?

24h01

Nouveau magazine belge de reportages long format

"Après une inondation, ce qui manque le plus, c’est l’eau potable (proverbe catalan). C’est exactement ce qui est en train d'arriver avec l’information", fait observer le magazine de reportages grand format 24h01 sur son site web. En réaction au torrent d'informations actuel, de nombreux magazines ont fait le pari de proposer un nombre de reportages limités mais très longs, d'où leur nom, mooks, contraction de magazine et book, et qui indique une lecture plus longue et un approfondissement d'un sujet. Comme la plupart des autres mooks, 24h01 n'affiche aucune publicité dans ses 200 pages et vit de ses seules vente. "Avec trois numéros et déjà 8.000 exemplaires vendus, notre revue a su séduire un public en quête d’un projet éditorial innovant et audacieux", rapporte 24h01 sur son site web.

Le magazine 24h01 est disponible dans certaines librairies (voir la liste des points de vente) et peut aussi être commandé en ligne: RDV sur 24h01.be.

24h01, un magazine belge de reportages grand format, a rencontré Henk Van Rensbergen, pionnier de l'Urbex en Belgique. L'Urbex, l'exploration d'endroits abandonnés, en général interdits d'accès. Des hôpitaux psychiatriques désaffectés, des parcs d'attraction en ruine, d'anciennes usines à l'arrêt depuis belle lurette: voilà les terrains de jeu de ce photographe intrépide.

Les explorateurs du XXIe siècle ne partent plus à l’assaut d’une terra incognita, ils s’aventurent là où l’homme a déjà déguerpi : usines abandonnées, hôpitaux désaffectés, parcs d’attractions en ruine… D’un geste artistique, ils veillent souvent à photographier ce que ces lieux désolés leur inspirent. Leur terrain de jeu idéal ? La Belgique, sans conteste. Cette pratique que l’on nomme l’exploration urbaine ou "urbex" est en plein boom depuis l’avènement d’Internet - pour le meilleur et pour le pire. Quelques pionniers du genre m’ont emmené, de Charleroi à Berlin, dans leur univers fascinant.

Chaque point du globe un tant soit peu difficile d’accès a connu son pionnier, un explorateur qui, à l’instar de Roald Amundsen au pôle Sud ou – moins célèbre – João Gonçalves Zarco sur l’île de Madère, a posé le premier pied, celui que l’Histoire retiendra. Dans le genre, Henk Van Rensbergen est un boulimique. Un Christophe Colomb de l’ère numérique, un Neil Armstrong flanqué du drapeau belge qui se contente de son avion pour survoler la Terre. À son tableau de chasse pourtant, ni points culminants ni latitudes impossibles, mais a contrario des lieux dont la vie humaine ne veut déjà plus : ruines, chancres, parcs d’attractions, cokeries wallonnes, cimetière de vieilles voitures… Henk est en réalité un adepte de "l’urbex". Plus qu’un adepte : une figure de proue.

Je suis reçu dans le salon de sa bicoque sise à Huldenberg, en Brabant flamand. Sur les murs, des photos grand format de ses plus belles conquêtes, notamment une montagne russe en bois que la nature commence à envahir. "J’ai pris cette photo au Japon, la nuit, en l’exposant pendant huit minutes. Ce fut une forme de méditation : j’étais immobile à regarder un paysage d’un noir absolu et je prenais conscience de ma position précise dans l’espace, de l’endroit unique qui se trouvait face à moi, des risques que j’encourais en trompant la vigilance des gardiens du parc." Nous nous asseyons et je demande d’emblée à Henk ce que ça signifie, au juste, "urbex".

Un mot que le dico ne connaît pas et que le Web définit sommairement comme "l’exploration de lieux interdits ou difficiles d’accès", abrégé anglais de urban exploration.

Quentin Jardon

> La suite de cette rencontre avec un pionnier de l'Urbex à lire dans 24h01

Le magazine 24h01 est disponible dans certaines librairies (voir la liste des points de vente) et peut aussi être commandé en ligne: RDV sur 24h01.be.

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