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Le call center chargé de tracer les personnes en contact avec le coronavirus n'a pas beaucoup de succès: "Il n'est pas question de sanctionner quiconque!"

CORONAVIRUS

Pour lutter contre la maladie, les régions ont mis en place une stratégie de traçage des contacts des patients atteints par le coronavirus. Un outil qui ne fonctionne pas au maximum de ses capacités. A Bruxelles, le call center a appelé à Bruxelles en moyenne 35 personnes par jour. Comment expliquer ce faible volume d'activité? Réponse avec Emmanuel Dupond et Regjet Ahmetaj.

Les téléphonistes engagés pour tracer la propagation du virus depuis le 11 mai et chargés d’appeler les personnes qui ont été en contact avec les malades n’ont visiblement pas beaucoup de travail. Seulement 35 appels par jours sont effectués, alors qu’ils en attendaient 10 fois plus! De toute évidence, le call center aurait été surdimensionné. Et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.

"Le virus circule moins que ce qu'on craignait"

"Une des choses évidente, c'est que le virus circule moins que ce qu'on craignait. Ca, c'est plutôt une bonne nouvelle. On a actuellement moins de circulation du virus et donc de personnes qui sont infectées chaque jour", explique David Hercot, médecin au call center de Bruxelles."Au lieu d'une centaine, on en a une vingtaine chaque jour. 

Des agents du call center licenciés 

Moins de personnes contaminées signifie moins de personnel nécessaire. 43 % des employés du call center ont donc été licenciés.

Autre fait marquant, les porteurs du virus  contactés avec le call center afin d’identifier des personnes qu’elles ont fréquentées au cours des derniers jours ne  déclarent spontanément que deux contacts proches au lieu de 10 estimés par les experts, un nombre insuffisant pour rompre la chaîne de transmission.

"Il n'est pas question de sanctionner quiconque!"

"Les personnes ont peur, elles ont peur de dire qu'elles ont été en contact rapproché avec 10 personnes, car il y a eu un grand barbecue et que ce n'était pas autorisé par exemple", observe Alain Maron, ministre bruxellois de la santé. "Elles ont aussi peur pour les personnes dont elles donnent le nom, en se disant "Cette personne va être mise en quarantaine, peut-être que ça ne va pas l'arranger". Il faut être très très clair: les informations recueillies dans le cadre du suivi de contact sont utilisées uniquement pour le suivi de contact. Elles ne sont pas transmises à la police! Il n'est pas question de sanctionner quiconque!"

Mieux informer sur le rôle du traçage

Le gouvernement n’envisage pas de fermer pour l’instant les call center mais veut au contraire mieux informer sur le rôle du traçage. Des équipes mobiles pourraient se rendre durant l’été sur des lieux de rassemblement pour tenter de contenir la propagation du virus même si elle semble moins importante que prévu.

 

 

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