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Le personnel soignant au cœur de la lutte dans les maisons de repos: "On ne s'attendait pas à vivre ça"

 
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Chaque jour, des hommes et des femmes se retrouvent au cœur du combat pour la vie. Dans les maisons de repos, le personnel soignant accompagne des résidents parfois isolés.

Depuis 4 semaines, le personnel soignant est confronté à des moments difficiles. Ces professionnels sont sur le front 24/24h et 7/7j. Les heures ne se comptent plus. La vie a définitivement changé, comme en témoigne notre reportage réalisé au sein de la Résidence Christalain à Jette. 

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"On ne s'attendait pas à vivre quelque chose comme ça. On n'y était pas préparés de toute façon. On essaie de faire notre travail le mieux possible. On aimerait que tout ça se termine au plus vite", nous explique une professionnelle.

Aujourd’hui, tout est plus difficile. Il faut être vigilant en permanence. Il est important d'assurer sa sécurité mais surtout celle des résidents. Désinfectants, combinaisons... Les procédures sont complexes.

Il ne faut pas baisser les bras

Nous avons rencontré Mirjan, 25 ans. Cet étudiant infirmier intervient en renfort. Il représente le courage de la jeune génération. "Cette nuit, je n'ai pas su dormir. J'ai beaucoup réfléchi à ce qu'il va se passer. Il ne faut pas baisser les bras, il faut avancer", nous confie-t-il.  

Infirmiers, aides-soignants, personnel de ménage... La mobilisation est totale pour les résidents. La mort est une dure réalité à laquelle il faut faire face. 13 décès en trois semaines. Face à notre caméra, ces professionnels prennent sur eux. Par pudeur. Mais chaque départ est un déchirement.

"C'est très difficile. On n'a pas le temps de faire le deuil d'une personne que l'on doit déjà s'occuper de la suivante", regrette Shirley, responsable des soins.  

Pour tenir, il faut parfois souffler. Quelques secondes, quelques minutes dans ces lieux de vie pourtant si vides. L’eau de la fontaine située au cœur de l'établissement brise le silence.

Une force puisée dans l'amour familial

"Je pense à la maison et à ma fille. Quand je vois les poissons de la fontaine, je pense à elle. Je sais qu'elle adore ça donc je l'imagine venir ici comme elle l'a déjà fait plusieurs fois. Quand je vois la salle vide, je me souviens de cette salle pleine, quand les familles des résidents viennent avec leurs enfants et petits-enfants. C'est quelque chose qui nous manque beaucoup", lâche Céline, infirmière.

Chacun de ces professionnels puise sa force dans l’amour familial. Une famille qui les soutient et vit avec eux cette situation inédite car les choses simples du quotidien ne le sont plus. 

"Quand je rentre, je dois vite me déshabiller à l'entrée, aller prendre une douche avant d'embrasser mes enfants. Ils ne le comprennent pas et ça a été très dur au début", témoigne Steve, directeur.

Steve, Céline, Mirjan, Shirley et leurs collègues sont ces héros que la Belgique salue tous les soirs. Ils continuent la lutte en première ligne jusqu’à ce que la bataille soit gagnée.

 




 

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