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Les "NO KIDS", des jeunes femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants: "C'est un phénomène qui est en train d'exploser en ce moment"

Les "NO KIDS", des jeunes femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants: "C'est un phénomène qui est en train d'exploser en ce moment"
 
 

Une belge sur 10 âgée entre 25 et 35 ans ne souhaite pas avoir d’enfants, selon une étude de la VUB en 2018. Le sujet est tabou mais elles sont de plus en plus nombreuses à s’exprimer, notamment grâce aux réseaux sociaux. Qui sont ces femmes souvent pointées du doigt par la société où la famille occupe une place prépondérante ? Rencontre avec deux d’entre elles qui assument leur choix, et acceptent les remarques culpabilisantes dont elles sont victimes.

Sunita Coppens connait les enfants, et même, elle les adore ! Elle a été puéricultrice pendant 10 ans et directrice d’une crèche. Autant dire que quand elle rentre du boulot, cette jeune femme de 33 ans reconnait être heureuse de ne pas en avoir à la maison. Un choix de vie qu’elle assume totalement.

"Je n'ai pas cette envie, émotionnellement et sentimentalement parlant, de donner la vie et d'avoir et un enfant. Mon métier m'apporte ce côté où j'aime les enfants, interagir avec eux, leur apprendre, leur apporter des choses... et ce contact humain avec les familles. Mais j'ai trouvé le bon compromis sans m'investir au-delà de ça", raconte Sunita Coppens.

13% des belges âgés entre 25 et 35 ans refuseraient d’avoir des enfants. C’est 6% de plus que la moyenne européenne selon une étude réalisée il y a deux ans.

Je ne prendrai pas le risque de faire un enfant dans ce monde

Betina Zourli fait partie des femmes qui admettent ne pas ressentir l’envie d’être maman. "Honnêtement, je ne déteste pas les enfants et je ne les aime pas spécialement non plus. En fait je n'ai pas d'affinités particulières avec les enfants parce que je n'en ai pas non plus dans mon entourage", confie-t-elle.

Cette jeune femme de 29 ans, féministe et écologiste, se dit inquiète par le réchauffement climatique, et préoccupée par la surpopulation mondiale. "Je ne prendrai pas le risque de faire un enfant dans ce monde parce que je ne sais pas de quoi sera fait demain. Et je suis au courant de la potentielle catastrophe qui peut arriver à cause de notre activité. J'essaye de faire des choses pour réduire mon empreinte carbone. Mais je n'ai pas assez confiance quand même pour faire un enfant", explique-t-elle.

Un phénomène en développement, et plus visible qu'avant

L’environnement, la crise économique et sanitaire autant de facteurs qui poussent certains couples à s’interroger sur le bien fondé d’une famille. Sont-ils plus nombreux aujourd’hui ? Aucune étude ne le prouve. Mais le phénomène, qui remonte aux années 60, semble se propager.

"C'est un phénomène qui est en train de se développer mais aussi parce que c'est un phénomène qui est en train d'exploser en ce moment. Un phénomène culturel et médiatique. Grâce aux réseaux sociaux, on voit qu'il y a de plus en plus une parole qui va se libérer, notamment chez les femmes. Mais le fait que des femmes aient refusé d'avoir des enfants, c'est quelque chose qui historiquement a toujours existé. Simplement aujourd'hui, c'est plus visible", explique Anne-Sophie Crosetti, chercheuse en sociologie à l'ULB.

"Égoïste", vraiment ?

Mais ne pas vouloir d’enfant reste un sujet tabou. Sunita et Betina ont souvent été victimes de remarques désobligeantes. On les accuse d’être égoïste.

"J'estime en tout cas personnellement que la première personne à aimer, c'est d'abord soi-même. Si prendre soin de moi, c'est ne pas avoir d'enfant, je ne suis pas en désaccord avec moi-même et je n'irai jamais faire un enfant parce que ça ferait plaisir aux autres. Parce qu'au final c'est pas les autres qui vont l'élever, c'est nous", raconte Sunita.

Bettina donne également son point de vue sur ce point : "Être égoïste, c'est d'abord penser à soi avant les autres. Je ne suis pas égoïste dans le sens où c'est un choix qui m'est propre et qui ne va avoir aucun impact sur la société, sur mon entourage, sur autrui en fait. Si on veut me taxer d'égoïste, j'ai envie de dire 'pourquoi pas en fait?', ça regarde chacun, mais dans ces cas-là, le fait de faire un enfant l'est tout autant. On n'a pas en fait à se taxer les uns les autres d'égoïste. Chacun fait son choix. Moi le but c'est surtout de responsabiliser la parentalité".

Vivre épanouie sans enfants et sans culpabiliser, c’est ce à quoi aspirent ces femmes dans un monde où la famille demeure un modèle de société.

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