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Réforme des études de médecine: la session de janvier fatale pour de nombreux étudiants

 
 

Comme d'habitude, la session de janvier a fait très mal dans l'auditoire de premier baccalauréat en médecine à l'Université Catholique de Louvain. Seule une poignée des 942 étudiants ont franchi le cap des 12/20 à leurs examens. Mais, alors que tous pouvaient se rattraper aux sessions de juin et septembre, il n'en va plus de même avec la réforme du ministre Marcourt entrée en application cette année. Pour certains, la médecine, c'est déjà fini.

"Moi et mes camarades sommes les cobayes d'un nouveau système", nous écrivait mardi, via la page Alertez-nous, Anne-Marie, étudiante en première année de médecine. Par "nouveau-système", elle entendait la réforme des études de médecine du ministre Jean-Claude Marcourt (revoir le sujet du Journal).

48 survivants dont 33 bisseurs

Appliquée pour la première fois cette année académique 2012-2013, cette réforme a d'ores et déjà mis un terme au rêve de devenir médecin d'un grand nombre d'étudiants en première année à l'UCL (Université Catholique de Louvain). Comme souvent, la session de janvier s'est apparentée à un véritable massacre. Parmi les 942 étudiants en premier baccalauréat, seuls 48 ont obtenu 12/20 ou plus à chaque examen. Et… 33 d'entre eux sont des "bisseurs" (ils recommençaient leur année), révélait le quotidien Le Soir à sa Une de mardi. Des chiffres sanglants mais pas surprenants: ils étaient déjà de cet ordre l'année passée, précise Le Soir.

Premier volet de la réforme: 6 ans au lieu 7

Cependant, cette année, pour certains busés, cette session de janvier sera déjà la dernière. Un effet de la réforme Marcourt. Celle-ci comprend deux volets, comme nous l'a rappelé Vanessa Gohy, l'attachée de presse de la FEF (Fédération des Etudiants Francophones) jointe par téléphone. Le premier, lié à une harmonisation au niveau européen, ramène le nombre d'années du tronc commun des études de médecine de 7 à 6 ans (après quoi, l'étudiant se tourne vers la médecine générale ou une spécialisation).

Second volet de la réforme: la fin des études de médecine dès janvier pour certains étudiants

Le second volet qui a propulsé le carnage de la session de janvier à la Une de l'actualité veut que, désormais, un étudiant dont la moyenne est inférieure à 8/20 doive se présenter devant un jury. Celui-ci lui communique sa décision entre deux futurs possibles. A l'UCL, plus de la moitié des bacheliers de première année sont dans ce cas. Soit le jury leur propose une réorientation vers une autre filière (kiné, pharma,…) et, dans ce cas, les études de médecine s'arrêtent là. Cette fin prématurée concerne 27% des students, rapporte Le Soir. Le jury peut aussi opter pour la clémence: le gracié peut continuer mais son premier bac est étalé sur deux ans (26% d'étudiants concernés).

Période d'adaptation à l'université trop courte avant la première session de janvier ?

Avant la réforme, tous les "pétés" auraient eu une seconde chance, en juin, puis une troisième chance, en septembre. Mais ça, c'est terminé. De nombreux étudiants estiment ce règlement dur inadapté et inégalitaire. "Le plantage au 1er quadrimestre en première est un grand classique", nous explique-t-on, arguant qu'il faut un temps d'adaptation au système universitaire, qu'il faut s'habituer à une nouvelle méthode de travail, à la quantité de matière (plutôt solide en médecine), à un encadrement moins serré qu'en secondaire, etc. La session de janvier survient trois mois seulement après la rentrée. Pour beaucoup, c'est trop court pour s'adapter.

Une réforme inégalitaire qui défavorise les étudiants plus pauvres ?

En sanctionnant très tôt et définitivement des centaines de jeunes, la réforme de Marcourt est également jugée inégalitaire car, avance-t-on, elle frappera surtout les bacheliers au profil socio-économique plus bas, se trouvant souvent dans de moins bonnes écoles secondaires et donc moins bien préparés. Cependant, la réforme prévoit des cours de préparation pour les rhétoriciens ainsi qu'un test d'aptitude (non contraignant, c'est-à-dire qu'un échec donne une indication au jeune mais ne lui interdit pas de se lancer dans ces études) avant de commencer les études de médecine.


 

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