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L'usage massif du sel d'épandage est mauvais pour la nature selon WWF: quelles sont les alternatives?

L'usage massif du sel d'épandage est mauvais pour la nature selon WWF: quelles sont les alternatives?

La Wallonie a prévu 140.000 tonnes de sel pour traiter les routes enneigées ou verglacées. L'organisation de défense de l'environnement WWF s'inquiète de l'utilisation massive de ce sel. Il causerait des dommages à la biodiversité. Il semble pourtant difficile de trouver une alternative.

Sur les axes principaux de Wallonie, des normes encadrent l'épandage:

  • environ 20 grammes/m² pour un traitement préventif
  • 40 grammes/m² maximum pour un passage curatif

Mais les quantités utilisées sont importantes: jusqu'à 150 tonnes en une seule nuit dans le district de Charleroi, qui couvre 100 kilomètres d'autoroute. "C'est vrai qu'on a un niveau de service qui est assez élevé. Prenez l'exemple de l'Allemagne, qui impose les pneus neiges, ce n'est pas encore le cas chez nous, donc on essaie que la route soit praticable en tout temps. C'est à ça qu'on travaille tous les jours", explique Romain Gremmens, chef du district autoroutier de Charleroi.

Il déverse une plus grande quantité de sodium et de chloride

Cet usage massif du sel sur les routes est un problème selon l'organisation de défense de l'environnement WWF. Elle dénonce ses répercussions sur la biodiversité. Pour traiter ses 8.300 kilomètres d'autoroutes et de nationales, la Wallonie a prévu pour cet hiver 140.000 tonnes de sel. "Le sel déversé en masse sur les routes atterrit dans les nappes phréatiques, dans les cours d'eau, dans les égouts aussi. Il déverse une plus grande quantité de sodium et de chloride. Certaines espèces aquatiques, des poissons, mais aussi des invertébrés, des arbres et des plantes le long des routes ne supportent pas", indique Jessica Nibelle, porte-parole de l'organisation WWF.

Réponse du Service public de Wallonie: "C'est le produit qui, aujourd'hui, présente le meilleur rapport coût-efficacité", confie Laurence Zanchetta, porte-parole du SPW Routes.


Difficile de trouver une réelle alternative

Confronté à des hivers rigoureux, le Canada épandrait certaines saisons plusieurs millions de tonnes de sel sur ses routes. WWF plaide aujourd'hui pour la recherche de solutions alternatives. "On sait qu'il y a par exemple le sable, qui est utilisé en montagne. Mais pour cela, il faudrait qu'on ait des périodes de gel qui sont prolongées, où le sable rend la route plus rugueuse. Dans les pays nordiques comme en Grande-Bretagne et au Canada, on a essayé le jus de mélasse, mais là aussi c'est un produit qui coûte cher. En plus, là les animaux venaient lécher la route et puis se faisaient écraser", explique Laurence Zanchetta, du SPW.

Pour le traitement des trottoirs, l'organisation de défense de l'environnement recommande aux particuliers l'utilisation de copeaux de bois ou de gravillons.

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