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Testé positif au coronavirus, cet infirmier a continué à travailler: "Je ne suis pas un cas unique"

 
CORONAVIRUS
 

La crise sanitaire fait rage depuis de longs mois. Les soignants sont à bout, fatigués, parfois désabusés. Certains se feraient même porter pâle tant ils redoutent la nouvelle vague. D’autres au contraire doivent continuer à travailler alors qu’ils sont atteints de la Covid-19. Au nom de la continuité des soins, ne finit-on pas par mettre les patients et le personnel en danger ?

Testé positif au coronavirus, Gaëtan Mestag, infirmier indépendant a continué à travailler. "Il y a un problème de main d’œuvre et je ne suis pas un cas unique", confie-t-il sur le plateau de l'émission C'est pas tous les jours dimanche. "Il y aurait 20% des infirmiers qui se porteraient pâle. Physiquement, quand on est capable de travailler, on nous demande, on nous propose, parfois on nous impose de travailler. Il faut savoir que si on n’y va pas, les collègues seront encore plus déforcés. La machine va donc s’enrailler. Les chiffres concernant les infirmiers qui se portent pâle risquent d’augmenter car la maladie continue de circuler, et plus elle circule, plus on a de risque de l’attraper."

"N’avez-vous pas mis vos patients en danger ?", a demandé Christophe Deborsu.

"Non, j’ai pris mes précautions", a répondu l'infirmier. "Cela fait six mois qu’on est tous, infirmières et infirmiers, en danger en étant confronter à des patients malades ou potentiellement malades, qui ne se posent pas la question s’ils nous mettent nous en danger. Nous prenons nos précautions, nous portons nos masques et nous connaissons les règles de distanciation et d’hygiène. Nous pouvons donc travailler. Je ne suis plus contagieux d’après ce que la science dit. Je continue de prendre mes précautions."

Réaction d'une syndicaliste

Selon Carine Rosteleur, infirmière et secrétaire régionale à la CGSP, faire travailler les soignants testés positifs est "illégal". "Sciensano dit clairement que tout personne testée positive ne doit pas travailler. Il y a eu un arrêté au mois de mai un arrêté de Sciensano qui a dit que dans la stricte nécessité, quelqu’un testé positif pourrait travailler en unité covid. De cela découle qu’il y a maintenant des notes de service et des employeurs qui disent au personnel 'Asymptomatique ou positif, vous pouvez venir travailler'. C’est super dangereux", a-t-elle souligné.

Après vérification, il semble que madame Rosteleur se base sur une ancienne procédure datant du mois de mai. Une procédure de l'institut Sciensano du 1er octobre précise ceci:

Pour les personnes qui exercent une profession essentielle comme les professionnels de santé, travailler est exceptionnellement permis si ceci est absolument indispensable pour garantir la continuité des soins/services, à condition de:

  • porter un équipement de protection individuelle : un masque buccal pour tous les déplacements à l'extérieur, y compris au travail. Pour les soignants, un EPI adéquat doit être utilisé conformément aux procédures existantes (au moins un masque chirurgical, dès l'entrée dans l'établissement de soins);
  • respecter strictement les règles d’hygiène des mains;
  • suivre activement sa température corporelle et les symptômes possibles de COVID19;
  • garder une distance d’au moins 1,5 m avec les collègues;
  • éviter les contacts sociaux en dehors du travail;
  • ne pas voyager.

 




 

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