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Trouver un stage en période de crise sanitaire, la mission impossible de certains élèves: "Ça fait peur"

 
 

La période actuelle est très compliquée pour les élèves qui sont en formation "pratique", et qui ont bien du mal à trouver des stages. Pour les apprentis coiffeurs, ils sont impossibles, puisque les salons sont fermés. Et dans d'autres domaines, c'est souvent le travail qui manque dans les ateliers qui peuvent les accueillir.

"On essaye de garder le moral parce que malgré tout, il faudra bien que ça rouvre un jour", témoigne Sheridan. Une première année difficile pour les apprenti coiffeuses à Gilly (Charleroi). Normalement, dans le cadre de leur formation, elles doivent se rendre trois jours par semaine dans un salon de coiffure. Sauf qu’ils sont tous fermés.

"On est plus motivés en salon qu’à l’école. Sur les têtes postiches, c’est pas le top", raconte Alicia. "Ça fait peur. Comparé aux autres, on aura peut-être moins d’expérience. Et puis, pour la fin d’année, on se pose des questions pour les examens. On ne sait pas si on va réussir parce qu’on n'aura pas assez de bases", confie Stéphanie.

Si les formateurs tentent d’encadrer au mieux les jeunes, ils avouent que rien ne remplace le travail en entreprise. "Il faut qu’elles aient le contact avec le client, c’est important. Il faut qu’elles aient le contact avec le patron et là c’est vrai qu'il y a un manque", estime Muriel Lucaselli, formatrice en coiffure.

"C’est quand même un peu une forme désarroi chez certains patrons qui sont inquiets pour leur propre avenir et qui sont inquiets sur la façon dont ils vont pouvoir transmettre leur métier. Puisque prendre un stagiaire, c’est d’abord aimer transmettre son métier", raconte Georges Dubois, directeur du centre de formation.

D’autres secteurs ne sont pas à l’arrêt. Et pourtant, les stages restent difficiles à trouver. C’est le cas par exemple en carrosserie. "Peut-être à cause de la peur de prendre quelqu’un, ne sachant pas s’il va avoir le Covid ou s’il l’eu, ou s’il l’aura… je ne sais pas. Franchement. En tout cas, ils ont du mal à trouver", déclare William Biffarella, formateur en carrosserie.

Et pour ceux qui ont un lieu de stage depuis maintenant plusieurs années, la crise sanitaire ne facilite pas les choses. La quantité de travail a fortement diminué. Et des règles strictes régissent le quotidien. "C’est vrai que c’est un peu dur. Ça devient dur moralement, confie Diego. On doit porter un masque et dès qu’on touche un outil on doit le nettoyer, dégraisser avec de l’alcool. Ça devient un peu long".

Outre les stages, d’autres craintes subsistent, celle de trouver un emploi dans le contexte actuel.




 

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