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Bientôt la fin du régime des facilités dans la commune flamande de Renaix ? "La NV-A cherche une Flandre unilingue flamande"

Débat musclé ce dimanche entre partisans des communes à facilités et le Mouvement populaire flamand. Les facilités, ce régime qui permet aux francophones d'accéder aux autorités communales et d'avoir des écoles en français dans les communes flamandes et vice-versa, vont-elles disparaître ?

Fin janvier, les députés Veerle Wouters et Hendrik Vuye (ex-NV-A) ont déposé une proposition de loi spéciale à la Chambre, portant sur la suppression des facilités à Renaix. Une proposition déposée après que les élus NV-A de Renaix aient demandé la fin du régime des facilités pour leur commune. Argument : c'est trop cher et c'est dépassé. Selon eux, le régime des facilités attire surtout des personnes qui n'ont aucune intention de s'intégrer en Flandre.

Ce retour du débat communautaire étonne (et enflamme) alors que l'accord de majorité prévoyait clairement une législature vouée au socio-économique, sans interférence communautaire.

Pour l'instant, la mesure a peu de chances d’aboutir, car il faudrait une réforme constitutionnelle avec une majorité des deux tiers au Parlement fédéral. La question qui se pose, en revanche, c'est de savoir si certaines communes wallonnes à facilités vont suivre le mouvement ? Pour Flobecq, Mouscron et Enghien, il n’en est pas question. Comines-Warneton, par contre, y réfléchit. 

"Ils sont venus de leur propre gré" 

Ce dimanche, sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche", Hilde Roosens, vice-présidente du Mouvement populaire flamand (VVB) était catégorique : "Ce régime devait être temporaire. Le système s'est éternisé, on a ajouté des régime spéciaux (...) Il y a un problème d'intégration, l'effort n'est pas fait pour apprendre. Quand il s'agit d'avoir les avantages, les francophones sont preneurs. Quand il s'agit de respecter les obligations..."

Une phrase laissée en suspens mais qui irrite Philippe Mettens, bourgmestre (PS) de Flobecq, commune à facilités wallonne : "Nous avons plus de 30% de néerlandophones dans notre commune, ils se sentent parfaitement bien chez nous. Dans les faits, le débat communautaire est totalement dépassé." Pour le francophone, pas question de faire disparaître le régime des facilités. "C'est une main tendue vers nos concitoyens. Nous avons des citoyens qui se considèrent comme des Wallons néerlandophones."

Un avis partagé par Damien Thiéry, aujourd'hui échevin (MR) à Linkebeek. Ce dernier avait été bourgmestre non-nommé entre 2007 et 2015, suite au refus de la ministre flamande (NV-A) Liesbeth Homans de valider son élection. Il juge la proposition "électoraliste" puisque "les facilités sont inscrites dans la constitution".


"Il y a un problème de respect des lois"

Mais le ton est monté d'un cran quand Sophie Rohonyi, présidente de la branche Périphérie de DéFI a pris la parole, déclenchant d'abord l'assentiment puis la colère du président du Centre de coordination des organisations flamandes (OVV), Willy de Waele.

"J'ai pris connaissance du texte déposé par les députés N-VA ainsi que les députés Vuye et Wouters, il est très clair", commence Sophie Rohonyi. "Il dit que le but ultime de la démarche, ce n'est pas de régler des problèmes d'intégration administrative, budgétaire ou autre au niveau de la commune de Renaix. C'est bien de supprimer les communes à facilités." 

Réaction assumée de Willy de Waele, qui hoche légèrement de la tête : "Tout à fait ! Tout à fait." 

Sophie Rohonyi poursuit : "Le texte est extrêmement clair. La NV-A cherche à poursuivre son projet nationaliste d'une Flandre unilingue flamande, qui ne tient absolument pas compte de l'existence de minorités francophones qui ont été reconnues par la Cour constitutionnelle, par le Conseil d'Etat, par les juridictions internationales... Il y a un problème de respect des lois."

Une phrase qui semble déclencher la colère de Willy de Waele. Soudain, il s'emporte"C'est pas une minorité ! Ils sont venus habiter en Flandre de leur propre gré !"  

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