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Georges Dallemagne désapprouve l'offensive turque en Syrie: "La Turquie entend mener une guerre d’annexion"

En début de semaine, le président américain Donald Trump a décidé de retirer 1000 soldats américains qui se trouvaient dans la zone du nord de la Syrie. Mercredi, le président turc Recep Tayip Erdogan a annoncé le début de l’offensive contre les Kurdes qui résident dans cette zone désertée par les GI’s. Toutefois, les Kurdes soutiennent actuellement le camp occidental dans sa lutte contre l’Etat islamique. Alors pourquoi cette attaque ? Christophe Deborsu en parle avec ses invités sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche".

Avec le départ annoncé cette semaine de 1.000 soldats américains en Syrie, la Turquie a ouvert un nouveau front dans le conflit syrien. En effet, le président turc a lancé une offensive dans le nord-est contre les forces kurdes, alliées de longue date de Washington dans la lutte antidjihadistes et qui contrôlent de vastes régions du pays en guerre. Cette offensive turque a provoqué la fuite de milliers de civils et suscite actuellement un tollé international. Elle a relancé la question du sort des quelques 2.000 combattants djihadistes étrangers détenus dans les prisons sous contrôle des Forces démocratiques syriennes.

Sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche", Christophe Deborsu en parle avec ses invités et pose directement la question à l'ambassadeur de Turquie en Belgique. Pourquoi la Turquie a-t-elle envoyé ses avions et ses chars à l’assaut des Kurdes au nord de la Syrie ?

Pour l'ambassadeur de Turquie, Zeki Levent Gümrükç, cette opération n'est pas dirigée contre les Kurdes mais bien contre la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de "terroriste". "C’est une erreur de présenter cette opération des Turques contre les Kurdes. Ce n’est pas contre les Kurdes syriens. C’est une opération contre une organisation terroriste, le YPG, une filiale du PKK en Syrie. Le PKK est reconnu comme une organisation terroriste par l’OTAN, l’ONU, la Belgique et même toute la communauté internationale". 

Une attaque contestée

Pour lui, cette offensive a deux objectifs très précis. "L’objectif principal de cette opération est avant tout de protéger nos propres frontières et de protéger nos propres citoyens contre le terrorisme. Au quotidien, nous essayons d’empêcher des attaques qui nous viennent de la Syrie vers la Turquie, des attaques de YPG (...) Nous essayons aussi de créer une zone de sécurité qui permettra aux réfugiés de retourner dans leurs pays".

Ces explications ne conviennent pas à Georges Dallemagne, député fédéral du CDH. Pour lui, aucune attaque n'a été commise sur le sol turc. "J’entends l’ambassadeur de Turquie et je comprends qu’ils fassent son job de défendre le gouvernement d’Erdogan mais ce qu’il dit, est une contre-vérité absolue. A aucun moment, les YPG, donc les Kurdes de Syrie, n’ont attaqué le sol turc. Il n’y en a jamais eu des attaques".

L'ambassadeur de Turquie rétorque et précise ces propos. "Il y a eu des centaines d’incidents, soit des tirs de roquette, soit d’autres projectiles. Il y a beaucoup d’organisations qui le savent", affirme-t-il.

La Turquie: un faiseur de guerre ?

Une opinion qui n'est de nouveau pas partagée par Georges Dallemagne. "Ça fait partie de la propagande turque. Deuxième chose, même s’il y avait une menace, il existe toute une série de dispositifs et de mécanismes. La Turquie fait partie de l’OTAN, elle peut faire appel à nous et elle ne l’a jamais fait. Elle peut convoquer le Conseil de Sécurité mais elle ne l’a pas fait pas non plus. La Turquie est un faiseur de guerre et aujourd’hui, elle envahit un territoire. Ce ne sont pas seulement les Kurdes qui se battent contre l’armée turque, ce sont aussi les Arabes à travers une coalition qui s’appelle le Front Démocratique Syrien".

Alors pourquoi le font-ils ?

La Turquie entend mener une guerre d’annexion

Pour Georges Dallemagne, cette offensive est une stratégie pour rester dans cette zone. "La Turquie entend mener une guerre d’annexion, comme elle l’a fait à Chypre. Elle va rester dans le nord de la Syrie comme elle est restée à Afrin depuis deux ans, qui est une enclave syrienne. (…) La Turquie veut s’étendre. C’est une guerre qui est destinée pour le régime d’Erdogan à sauver son régime car il est en difficulté sur le plan politique", dit-il avec fermeté.

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