Le Palais de Justice, métaphore de notre pays: "Ça va tomber en ruines, un jour ou l'autre, et on regarde"

L'émission de RTL C'est pas tous les jours dimanche a évoqué la polémique de longue date du sous-financement de l'entretien du Palais de Justice, un bâtiment unique au monde. Elle a ressurgi suite à l'effondrement d'un plafond dernièrement.

On le sait, la semaine passée, le président de la Cour de cassation, Jean de Codt, a écrit au ministre de la Justice, Koen Geens, et au ministre en charge de la Régie des bâtiments, Jan Jambon, pour leur demander la présence à temps plein d'un conservateur du Palais de Justice de Bruxelles, hautement qualifié, ayant des bureaux dans l'édifice.

Comme notre état, "il va tomber en ruine"

"C'est une proposition pleine de sagesse", analyse Christophe Giltay, chroniqueur dans l'émission. "C'est ce qui existe par exemple au Château de Versailles. Le conservateur du château y vit, il a des corps de métier, etc. Parce qu'en France, on se rend compte que le Château de Versailles, c'est quelque chose". Or, le Palais de Justice de Bruxelles, "c'est Versailles", insiste le journaliste. "Ce bâtiment était considéré à la fin du 19e siècle comme l'un des plus beaux au monde".

Et selon lui, l'état de délabrement du Palais est une métaphore de notre Etat fédéral, et de la Belgique. "Ça va tomber en ruines, un jour ou l'autre, et on regarde, les bras croisés, en se disant que c'est bien dommage".

Une autre solution

Outre la solution du conservateur à temps plein, Jean de Codt, invité dans l'émission, propose autre chose. "C'est une réponse de juriste, qui n'est pas réalisable politiquement", prévient-il.

"Si vous ouvrez le code de la législation bruxelloise sur l'urbanisme et l'aménagement du territoire, vous trouvez une disposition tout-à-fait amusante. Quand vous êtes propriétaire d'un bien classé en région bruxelloise, et que vous en négligez l'entretien au point de le compromettre, la Région peut se substituer au propriétaire défaillant et engager les travaux nécessaires à la restauration. Et en présentant ensuite la facture à ce propriétaire", à savoir le Ministre de l'Intérieur, Jan Jambon.

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