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Quelle mesure-phare pourrait permettre à la Wallonie de s'en sortir? Des têtes de listes régionales des partis répondent (vidéo)

La Wallonie va-t-elle si mal ? Doit-elle vraiment rougir face à la Flandre ? Comment l’aider à se redresser ? Des têtes de listes régionales issues des différents partis répondent.

Beaucoup de Wallons ne croient plus à la Wallonie qui gagne. En matière de richesse par habitant, la Wallonie se situe depuis longtemps en-dessous de la moyenne des 28 pays européens, et cela empire. Quand un européen moyen a 100%, un Wallon a 84%, ce qui situe la région plus bas que Chypre et la Slovénie, par exemple.

Le PS est le parti qui a le plus d’années à la ministre-présidence wallonne : 22 ans sur 27. Pierre-Yves Dermagne, chef de groupe PS au Parlement wallon, se sent-il responsable ? "Moi, je me sens responsable en tant qu'homme politique, et je pense comme tous les hommes et toutes les femmes politiques. On a à prendre nos responsabilités, on a aussi à assumer les responsabilités du passé, sans que l'on doive porter le poids de la culpabilité. Vous l'avez rappelé, il y a eu des ministres-présidents wallons mais aussi des partenaires libéraux, socio-chrétiens, écologistes. Donc on a une responsabilité collective. Et en même temps, il y a aussi des indicateurs qui sont réconfortants: une baisse du chômage depuis plus de 57 mois consécutifs, des exportations qui sont à la hausse, des aéroports qui tirent l'économie vers le haut, des investissements importants en Wallonie, donc tout n'est pas rose mais tout n'est pas noir non plus".

Quelle mesure-phare pourrait permettre à la Wallonie de s'en sortir? Pour le candidat à la Région dans l'arrondissement de Dinant-Philippevillle, il y a des priorités: "La construction de logements, la politique énergétique, la formation pour les jeunes".


"Le passé a échoué en Wallonie"

Pour Willy Borsus, ministre-président wallon, le constat est "cinglant": "Le passé a échoué en Wallonie. La Wallonie ne se reconstruira qu'au prix d'un certain nombre de réformes, de réorientations, et c'est ce que nous avons fait depuis le mois de juillet 2017, avec toute une série de nouvelles dispositions prises concernant la rationalisation des structures, l'investissement dans la formation, dans les métiers en pénurie, et dans le fait aussi de rendre, à l'étranger, l'image de la Wallonie plus positive. Savez-vous que 2018 et une année record, non seulement en termes d'exportations depuis la Wallonie vers l'extérieur, mais aussi d'investissement sur notre territoire?".

Selon la tête de liste MR pour le Parlement wallon pour le Luxembourg, la Wallonie exporte pour 45 milliards d'euros. "Mais il est clair que par rapport à la Flandre, nous en sommes bien loin, dans certaines situations nous ne représentons que 10, 12, 15% des exportations flamandes. C'est vous dire à quel point on doit encore progresser en Wallonie". Pour Willy Borsus, il faut "investir dans le capital humain, dans la formation, rationaliser les structures, investir dans un certain nombre d'infrastructures de mobilité, économisatrices d'énergies". Il prône aussi pour une réforme fiscale: "Il faut continuer à rendre du pouvoir d'achat aux gens, c'est-à-dire aussi de l'espace pour que les gens puissent consommer, notamment, sur le territoire et au bénéfice de la Wallonie".


"On est un des pays où on investit le moins dans son infrastructure"

Pour Germain Mugemangango, Porte-parole du PTB et tête de liste au Parlement wallon pour Charleroi, la politique économique du gouvernement wallon et des gouvernements wallons précédents est un "échec": "Leur stratégie, c'est quoi? C'est de donner des moyens aux multinationales, donner des aménagements fiscaux, et eux, vont créer des emplois et créer des plus-values et la richesse économique en Wallonie. Ça ne fonctionne pas: on l'a vu avec ArcelorMittal, avec Caterpillar, maintenant on nous parle de Google. Google va être l'avenir professionnel de la Wallonie, et qu'est-ce qu'on voit? Google, ça va être au maximum 200 emplois, et c'est surtout 300 employés illégaux trouvés sur le chantier. Est-ce qu'on veut des employeurs comme ça? Non, évidemment pas. Ce qu'on pense, c'est qu'il faut renouer avec l'initiative industrielle publique. On a besoin d'investissements publics, notamment pour orienter toute l'économie vers une économie à l'hydrogène, pour des raisons écologiques évidentes. On a besoin d'une initiative publique en matière de logements. Nous, on voudrait mettre sur pied une société qui puisse rénover le bâti. Il faut activer les fortunes pour le faire, et il faut surtout investir. Mais le problème, c'est que les partis qui sont autour de la table, ils ont voté un traité d'austérité, le traité TSCG, qui empêche d'investir. Or, quand on voit les pays de l'OCDE, on est un des pays où on investit le moins dans son infrastructure".

"Créer une plus-value qui est autour du bien-être de la personne"

Alda Gréoli, vice-Présidente du Gouvernement wallon et tête de liste cdH au Parlement wallon pour Liège, insiste et répète, que depuis 58 mois, le chômage est en constante diminution en Wallonie. "Ce que vous n'avez pas dit, c'est que depuis 5 ans, on a fait diminuer le nombre de personnes qui sortent de l'enseignement sans diplôme. On est passés de 16% à 10%. Ça aussi, c'est important. Donc oui, il faut investir dans une économie qui ne se délocalise pas et qui permet des emplois de qualité. Il faut aussi créer une plus-value qui est autour du bien-être de la personne. Quand le cdH tient à ce point-là à une assurance autonomie, il crée à la fois de la cohésion sociale, avec une meilleure couverture pour les personnes en situation de perte d'autonomie, et il permet, avec le gouvernement wallon, de créer 2000 emplois. Ça, c'est du concret. C'est du concret qui est une plus-value pour les personnes, et une plus-value pour l'emploi. Lorsque le secteur public, au sens du budget wallon, investit dans la rénovation des hôpitaux, on crée à la fois du bien-être pour l'ensemble de la population, de la qualité, et des milliers d'emplois dans la construction et dans la santé."


"La Wallonie, elle avance, mais elle n'avance pas assez vite"

Pour Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo au Parlement wallon et tête de liste au Parlement wallon pour Namur, le constat n'est pas noir ou blanc: "La Wallonie, elle avance, mais elle n'avance pas assez vite, elle ne rattrape pas la Flandre. Même par rapport à la moyenne européenne, il reste donc un boulot immense. Effectivement, nous voulons d'abord viser sur les PME, les entreprises qui savent situer la Wallonie sur une carte, et pas toujours à un messie qui vient avec les multinationales de l'étranger".

Stéphane Hazée mentionne premièrement le chantier de la transition écologique. "Il est majeur pour le développement économique, pour la santé, mais il est surtout pourvoyeur d'emplois. Dans le logement, dans la construction, dans l'alimentation…". Le deuxième problème important, c'est la gouvernance wallonne, estime-t-il: "Ça reste un cancer. Toute une série de réformes ont été prises, ça va dans le bon sens. A nouveau, ce n'est pas noir ou blanc. Et en même, temps, lorsque le gouvernement organise une opération de parachutage de nominations politiques dans les organismes publics, effectivement, c'est un mauvais signal, parce que c'est un problème de la compétence qui n'est pas toujours garantie, c'est un problème de renvoi d'ascenseur politique, et c'est encore un problème d'image. Que pense la population quand elle voie que c'est les pistons qui font la loi?"

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