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"J'aime me considérer comme un Belge, un 'Maroxellois', un Echte Brusseleir": quand Sam Touzani évoque son identité (vidéo)

 
 

Sam Touzani est actuellement en tournée pour son spectacle, initulé "Cerise sur le ghetto". Le comédien est venu en parler sur le plateau du RTL INFO Avec Vous.

Olivier Schoonejans: Le sous-titre de votre spectacle, c'est "Le pouvoir de dire non". C'est difficile de dire non dans certaines situations…

Sam Touzani: "Entièrement d'accord avec vous. D'ailleurs, je préfère ceux qui disent non que les béni-oui-oui. D'ailleurs, j'ai eu la chance d'être le résultat d'une éducation de femme. Ma mère m'a éduqué essentiellement, ma sœur aussi, et ce sont deux femmes qui ont dit non toute leur vie. Elles ont dit non à l'injustice, elles ont dit non à la répression. Moi, j'ai 4 ans quand je grandis avec ce non et c'est un non qui m'a constitué, un non qui a été salvateur."

O. S.:  Aujourd'hui, vous vous sentez Belge ? Bruxellois ? Marocain ? Quelle est votre identité ?

S. T.: "La question de l'identité chez moi, ce n'est pas quelque chose qui est arrêté. L'identité est une vraie question universelle, mais l'identité est mouvante. J'aime me considérer comme étant un Belge, un "Maroxellois", un Echte Brusseleir et fier de l'être parce que l'identité belge est mouvante. Elle n'est pas figée dans quelque chose. C'est quoi être Belge aujourd'hui ? C'est quoi être Liégeois ? C'est quoi être Bruxellois ? C'est complexe. Je pense que ce qui me plait, c'est son métissage. Personne n'est 100% pur laine et tous autant que nous sommes, nous sommes d'abord des étrangers."

O. S.: Vous avez 50 ans. Dans les quartiers que vous habitiez, dans lesquels vous êtes né, est-ce que les choses ont changé ? Y a-t-il toujours le ghetto ?

S. T.: "Je pense que le ghetto s'est déplacé. Il n'y a pas toujours du ghetto dans le sens où les quartiers sont "ghettoisés". Les rues sont faites maintenant, elles ne l'étaient pas à mon époque. Il y a de la lumière. Mais on n'est toujours pas sorti du ghetto qu'on a dans sa tête. Le mal du 21ème siècle, c'est le repli communautariste. Et ça fait défaut parce qu'il faut ventiler les idées, il faut se mélanger. Il y a encore beaucoup de boulot et je pense que beaucoup de nos politiques sont responsables du repli communautaire. Souvent, on caresse dans le sens électoral du poil de la barbe."

O. S. : Peut-on parfois imaginer comprendre ceux qui passent alors du côté obscur de l'Islam ?

S. T.: "Comprendre, peut-être, accepter, certainement pas. Je pense que c'est une idéologie mortifère qui est celle de l'Islam politique et conquérant. Le djihadisme ne mène à rien du tout si ce n'est à la destruction, d'abord de soi et surtout des autres. Le terreau est là, mais je pense qu'on peut le soigner avec l'éducation, un bon enseignement, une citoyenneté plus responsable, une réelle bonne intégration."

Sam Touzani sera sur la scène du Théâtre du Blocry, à Louvain-la-Neuve, jusqu'à jeudi. Il passera ensuite par l'Espace Magh de Bruxelles au mois de mars.




 

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