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"La vie scolaire": Grand Corps Malade et Mehdi Idir au chevet d'un collège de banlieue

Grand Corps Malade, Fabien Marsaud de son vrai nom, se prépare à remettre une récompense lors de la cérémonie des César le 24 février 2017bertrand GUAY

Après "Patients", Grand Corps Malade et Mehdi Idir reviennent mercredi au cinéma avec "La vie scolaire", une fiction qui évoque les problèmes d'éducation et de déterminisme social dans un collège sensible de Saint-Denis, en banlieue parisienne.

Leur premier film, "Patients", avait enregistré 1,28 million d'entrées en 2017 et racontait la rééducation du slameur après un accident. Dans "La vie scolaire", les deux réalisateurs se sont inspirés d'événements qu'ils ont eux-mêmes vécus et du contexte familial de Mehdi Idir, surtout pour le personnage principal, celui de Yanis, interprété par Liam Pierron (sur grand écran pour la première fois).

Yanis est en troisième "SOP", la classe des "sans option" qui regroupe en fait tous les cancres de ce collège sensible. Il devient le chouchou de Samia, jouée par Zita Hanrot, la nouvelle CPE, arrivée de son Ardèche natale et paisible. Son rôle est de gérer les excès d'insolence des élèves, auxquels elle s'attache vite.

Intelligent mais dissipé, Yanis a du mal à voir ce que l'école peut lui apporter, ni à savoir que faire après le collège, bloqué par un plafond de verre. "Et si je ne valais pas mieux que ça?", se demande-t-il.

Zita Hanrot, césarisée en 2016 pour "Fatima", et Soufiane Guerrab (qui jouait le personnage de Farid dans "Patients") incarnent les deux adultes qui tentent de tirer les élèves vers le haut.

Contexte familial difficile, délinquance, absence d'opportunité mais aussi liens d'amitié et d'entraide, espoir, intelligence et humour sont présents dans ce portrait de cité sensible.

"Tourner dans mon ancienne école et raconter des histoires qui se sont déroulées dans la cité où j'ai vécu était émouvant. Mais surtout, voir les habitants heureux qu'on parle de leur quotidien et de figures du quartier depuis disparues, c'était motivant", raconte Mehdi Idir.

Pour intégrer les habitants du quartier des Francs-Moisins, à Saint-Denis, où le film a été tourné en un été, les réalisateurs ont choisi de recruter parmi eux 200 figurants et trois des cinq personnages principaux, sans aucune expérience cinématographique. Le casting final apporte une authenticité indispensable au film.

Portrait de génération, le film questionne aussi l'école de la République et ses failles.

"Pourquoi c'est si difficile? Pourquoi le système échoue encore trop souvent?", s'interroge Grand Corps Malade, Fabien Marsaud de son vrai nom, qui a popularisé le slam en France dans les années 2000. Il souligne qu'ils n'ont "voulu taper sur personne".

Ni larmoyant, ni guilleret, "La vie scolaire" trouve un juste milieu entre manque de perspective d'avenir et humour de cité, loin du politiquement correct, sans tomber dans l'écueil d'une fin heureuse mais irréelle.

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