"Tout le monde debout", l'essai transformé de Franck Dubosc derrière la caméra

Franck Dubosc le 7 décembre 2012 à Saint-Denis près de ParisBERTRAND GUAY

S'appuyant sur son humour, Franck Dubosc réussit ses premiers pas de réalisateur avec "Tout le monde debout", en salles mercredi, une comédie romantique où il campe un célibataire enjôleur pris à son propre piège dans un jeu de séduction avec une jolie paraplégique.

"On m'a souvent demandé de réaliser mais pour de mauvaises raisons, parce qu'on espérait que j'allais pondre une comédie rigolote", confiait l'humoriste à l'AFP en janvier, après la projection de son film au Festival du film de comédie de l'Alpe-d'Huez dont il présidait cette année le jury.

"J'ai au contraire réalisé un film très personnel, que j'ai voulu drôle et élégant".

Dans "Tout le monde debout", Franck Dubosc incarne Jocelyn, un séducteur invétéré qui partage sa vie entre ses responsabilités de dirigeant d'une grande société de chaussures de sports, son meilleur ami Max (Gérard Darmon) et ses efforts quotidiens pour s'attirer l'attention de jolies femmes.

Un matin, alors qu'il se trouve dans l'appartement de sa mère tout juste décédée, il est surpris, assis sur une chaise roulante, par une jolie voisine de palier (Caroline Anglade) et feint d'être handicapé pour tenter de la séduire.

Lorsque cette dernière le présente à sœur (Alexandra Lamy, rayonnante), paraplégique et elle aussi célibataire, Jocelyn fait le choix de s'enfoncer dans son mensonge par goût du challenge. Une décision qui va se retourner contre lui.

"Cette histoire a été la conjonction de plein de choses : le handicap de ma mère et des gens que je croise, les histoires d'amour que j'aime et le mensonge, avec lequel j'ai beaucoup joué par le passé", explique l'humoriste, qui se savait "attendu".

- 'Surprendre' -

Le comique potache qui a fait sa marque de fabrique sur scène est le moteur assumé, notamment par rapport au handicap, d'un film dont la mécanique bien ficelée pèche dans son final par sa longueur.

L'humoriste affirme avoir eu du mal "à se lancer", par peur de "décevoir", et a par conséquent souhaité "surprendre" en jouant aussi sur le registre de la comédie romantique dans la seconde partie.

Et c'est justement lorsqu'il s'extrait de son style humoristique, clivant, et entre frontalement dans le genre, en s'appropriant ses codes narratifs et en révélant l'âme de son protagoniste, que le néo-cinéaste convainc le plus.

Au travers du quotidien de façade et de mensonges dans lequel s'est enfermé Jocelyn, son personnage, l'humoriste dévoile également un point de vue critique sur les travers de la célébrité et du rôle que sa notoriété l'oblige à nourrir constamment.

"On triche tout le temps. On est vu comme des vedettes et quand la porte s'ouvre, on rentre le ventre, pour paraître. Ce vécu a évidemment joué sur mon personnage, qui a un peu honte de ses origines sociales", abonde Franck Dubosc.

"Mon personnage ne s'aime pas tellement et c'est aussi en cela qu'il me rejoint, même si avec le temps, je commence à m'apprécier, souligne-t-il. Parfois, j'avais envie de dire aux gens : 'vous ne m'aimez pas, eh bien moi aussi, on est d'accord sur ce point !'".

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