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Dans la famille Cassel, on demande Rockin' Squat, vétéran du rap

Dans la famille Cassel, on demande Rockin' Squat, vétéran du rap
Mathias Cassel dit "Rockin'Squat", à Paris le 3 septembre 2019Lionel BONAVENTURE

Mathias Cassel, connu comme Rockin' Squat depuis 30 ans dans le hip-hop, raconte dans un livre à paraître mardi son histoire et celle d'Assassin, son groupe pionnier, car "si tu restes trop underground, on va t'oublier".

Oui, c'est le fils de Jean-Pierre et le frère de Vincent. Son ouvrage "Rockin' Squat, Chronique d'une formule annoncée", 290 pages et 500 photos tirées de ses archives, s'ouvre en mode album de famille. "Il y a des photos intimes, au début, expose-t-il à l'AFP. Mais autour de moi, tout le monde sait qui je suis et tu ne sais pas la couleur de mon slip, la couleur des cheveux de ma femme ni combien d'enfants j'ai".

Il ne s'est pourtant jamais autant dévoilé, lui qui se dissimulait sous une capuche, des dreadlocks, se faisait parfois photographier de dos... "J'ai dit que je cachais ma tête jusqu'à ce que le mouvement hip-hop devienne la culture mainstream de mon pays, réplique-t-il. Quand ça devient la pop culture, si tu restes trop underground, on va t'oublier. Assassin est complétement occulté", dit-il en référence à NTM et IAM.

"Dans la +compile+ Rapattitude (1990), Assassin était très en avance, avec le titre +La formule secrète+ et le flow de Squat c'était quelque chose", décrit pour l'AFP Olivier Cachin, spécialiste du rap. "Parfois, il se montrait, parfois il se mettait en retrait derrière la musique. Mais au moment où tout a démarré, ils sont partis à New-York. Leur album sort un an après celui de NTM, ils ont raté une occasion".

- "Éternel recommencement" -

L'ouvrage de Mathias Cassel déroule sa jeunesse - on y voit un bulletin scolaire apocalyptique - qui épouse la culture hip-hop des deux côtés de l'Atlantique, puisqu'il vit un temps à New-York avec sa mère, après le divorce de ses parents.

"Adolescent, j'allais chercher de la beuh (herbe, ndlr) dans les squats de Montparnasse, comme j'étais mineur, les grands m'envoyaient (...) je ne risquais rien", écrit-il. Le surnom reste et Squat devient sa signature quand il tague métro, RER et murs de Paris ou sa banlieue.

"C'est un vétéran, il a payé son dû à la culture hip-hop", note Olivier Cachin. Squat fanfaronne parfois dans son livre - il fut triple disque d'or - mais n'occulte pas les coups de moins bien dans sa carrière.

Accroc récent: l'année de ses 50 ans, il devait être le parrain du festival hip-hop "Révolution", prévu le 22 septembre au Stade Jean-Bouin. Mais devant l'inquiétude des riverains du 16e arrondissement, les organisateurs ont préféré temporiser et le reporter à l'été 2020.

"C'est un éternel recommencement, constate-t-il. Il y a des stéréotypes qui continuent à vivre. Mais on va leur prouver que nous sommes des gens intelligents, passionnés, équilibrés".

Lui, précurseur, signe en 1992 "L'Ecologie: Sauvons la planète !" avec Assassin. "On se dit à l'époque +qu'est-ce qu'il leur prend?+. Mais aujourd'hui, c'est une tendance lourde", note Olivier Cachin, auteur avec Joey Starr et Kool Shen d'une biographie de NTM à paraître fin novembre.

- "L'éducation, la clé" -

"La Terre tourne rond, mais ceux qui sont dessus ne tournent pas rond", rebondit aujourd'hui Squat, qui vit une partie de l'année au Brésil.

"Plus personne n'a le rythme de la Terre", martèle-t-il et ce n'est pas juste une punchline: Son prochain album solo, en mars 2020, s'appellera "432hz", pour 432 hertz, le "la original", changé ensuite "en 440 hertz qui n'est pas une onde naturelle".

Cette fréquence originelle, déjà défendue par Prince, donne parfois lieu sur le net à une littérature complotiste, étiquette qui lui fut collée il y a dix ans avec "Illuminazi 666", où Squat jonglait avec l'imagerie illuminati.

"Le personnage a toujours été complexe, mais ça l'a moins desservi qu'un Mathieu Kassovitz, par exemple", décrypte Olivier Cachin. "Et il est il toujours là, après 30 ans de carrière, ce qui n'est pas le cas de beaucoup".

L'Assassin s'est-il assagi? "C'est l'éducation la clé, il faut continuer à faire entrer la culture dans les couches défavorisées", conclut-il.

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