Dany Boon renoue avec ses racines dans "La Ch'tite famille"

Dany Boon renoue avec ses racines dans
L'acteur et réalisateur français Dany Boon à Deauville, dans le nord-ouest de la France, le 4 septembre 2009FRANCOIS GUILLOT

Roi du box office avec 20,5 millions d'entrées pour "Bienvenue chez les Ch'tis", film français le plus vu en salles, Dany Boon est de retour dans le Nord dix ans après avec "La Ch'tite famille", nouvel hommage à ses racines, entre rire et nostalgie.

Dans le premier volet, un directeur d'une agence de la Poste du Sud de la France, se retrouvait muté dans le Nord, découvrant la météo et les traditions populaires du "Ch'Nord".

"La Ch'tite famille" n'est pas une suite de "Bienvenue chez les Ch'tis" mais utilise les mêmes ressorts comiques et émotionnels. Dans cette variation intimiste de l'énorme succès populaire, Dany Boon signe un réquisitoire implacable contre le snobisme parisien et surtout celles et ceux qui ont oublié d'où ils viennent.

Co-produit par Pathé et TF1 pour la bagatelle de 27,8 millions d'euros, "La Ch'tite famille" débarquera dès vendredi dans les cinémas du Nord et du Pas-de-Calais, et le mercredi 28 février seulement dans toute la France : une stratégie marketing régionaliste qui avait enclenché le phénomène national rencontré par "Bienvenue chez les Ch'tis".

En France et dans le monde, ce premier opus, deuxième meilleur score du box office français derrière "Titanic", avait attiré près de 27 millions de spectateurs (26.700.012 entrées) pour une recette de près de 199 millions d'euros (245 millions de dollars), selon la production. Alors que "La Ch'tite famille" n'est pas encore sur les écrans, des contrats de distribution ont déjà été signés dans quinze pays.

Dans son sixième long métrage comme réalisateur, Dany Boon incarne Valentin, un célèbre, autant qu'hautain, designer parisien qui use de stratagèmes pour cacher ses origines prolétaires et gommer son accent du Nord, région où vit toujours sa famille.

Alors que ses parents ont débarqué à l'improviste à un vernissage où le tout Paris se presse - on y croise Kad Merad, l'animateur Arthur ou encore Claire Chazal -, il est volontairement renversé dans la rue quelques heures plus tard par son très snob beau-père qui veut l'empêcher de tout déballer.

- 'Une histoire qui nous concerne tous'

À son réveil à l'hôpital, plus ch'ti que jamais, il a perdu la mémoire et ne reconnaît plus Constance, son épouse et associée - interprétée par Laurence Arné - qui va alors tout faire pour le ramener à sa vie d'artiste et effacer son accent, réapparu avec l'accident.

"Mon écriture est imprégnée de mon enfance ch'ti que j'ai toujours assumée. Cette fois-ci, j'ai voulu montrer les terribles distorsions entre les régions et certains milieux parisiens", confie à l'AFP Dany Boon.

"Après l'énorme succès de +Bienvenue chez les Ch'tis+, je ne veux pas décevoir les spectateurs. J'espère avoir réussi un film profond à partir d'une histoire qui nous concerne tous, celles de nos origines sociales", ajoute le réalisateur.

Comme attendu, le film grossit le trait et s'amuse des clichés autour des Nordistes et des Parisiens dans un scénario prévisible.

"J'aime pas ce que je suis devenu, alors j'essaie de me rappeler qui j'étais...", confie Valentin, le personnage de Dany Boon dans une scène du film.

Son moteur repose essentiellement sur les situations et les dialogues - en ch'ti ! - portés par une galerie de seconds rôles hauts en couleurs, au premier rangs desquels figure une Line Renaud époustouflante en matriarche.

S'il n'écarte aucun des affectueux préjugés qui collent à la peau des habitants du nord de la France, l'humoriste égratigne le milieu culturel "bobo" parisien, personnifié par un François Berléand faussement chaleureux et vrai calculateur.

Même sous couvert d'autodérision, Dany Boon rend un hommage plein de tendresse aux valeurs familiales de sa région.

Sorti en 2016, "Raide dingue", le précédent long métrage de Dany Boon, mêlant comédie et action, a attiré près de 4,6 millions de spectateurs en salles.

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