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Eric Burdon: dernier tour de piste d'un vieux grognard du British blues

Eric Burdon: dernier tour de piste d'un vieux grognard du British blues
Eric Burdon et le groupe The Animals en concert, le 12 mai 2019 à Arlington, au TexasSUZANNE CORDEIRO

Eric Burdon, l'un des derniers ambassadeurs du British blues, un mouvement musical ayant enflammé le Royaume-Uni dans les années 60, sera mardi soir à l'Olympia à Paris, dans le cadre d'une tournée qu'il annonce à 78 ans comme sa dernière.

"Regardons les choses en face, a déclaré à l'AFP le chanteur devenu célèbre dans le monde du blues-rock à la tête de The Animals, un groupe de musiciens issus de la classe ouvrière ayant existé une poignée d'années avant de se dissoudre.

Considéré dès ses débuts comme une véritable bête de scène, avec ses interprétations sensuelles et endiablées de chansons de bluesmen noirs américains ("The House of the rising sun", "Don't let me be misunderstood"...), l'"Animal" s'est lassé.

"Aller de ville en ville, prendre l'avion, rester dans les aéroports, passer la douane, tout cela est extrêmement fatigant", affirme celui pour qui voyager est devenu "un cauchemar".

Fils d'une famille ouvrière de Newcastle, Eric Burdon a fait ses débuts dans un groupe, l'Alan Price Combo, plutôt jazzy. Nous sommes en 1962.

Rapidement, ce chanteur, une des grandes voix blanches du Royaume-Uni, influencé par la musique noire américaine avec Joe Cocker, Van Morrison, Roger Chapman, Rod Stewart ou Paul Rodgers, va orienter le groupe, rebaptisé The Animals en 1963, vers le rhythm'n blues, le blues et le rock.

Ces Animals décrochent en 1964 le gros lot avec une version d'un traditionnel américain, "The House of the rising Sun" (reprise quelques mois plus tard par Johnny Hallyday sous le titre "Le pénitencier"), qui restera plusieurs semaines en haut du hit parade en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

Quelques années plus tard, Eric Burdon, fan de Bo Diddley, John Lee Hooker ou Ray Charles, franchit le pas: il part à la fin des années soixante aux Etats-Unis - où il vit toujours -, pour s'y frotter aux musiciens noirs de War, un groupe soul-funk.

Après un disque remarquable de blues avec Jimmy Witherspoon, "Guilty" (1971), le succès va l'abandonner, ce qui ne l'a jamais empêché de continuer de chanter.

Qui dit fin des tournées ne dit pas arrêt total des concerts. "Outre mon besoin presque biologique de m'exprimer musicalement, je suis animé par l'énergie et l'enthousiasme de mes fans. C'est un sentiment incroyable de voir leurs visages et de sentir leur amour et leurs bonnes vibrations", souligne ce petit homme râblé.

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