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Hellfest: les clés de l'inoxydable succès du festival de métal hurlant

Hellfest: les clés de l'inoxydable succès du festival de métal hurlant
Le festival Hellfest à Clisson, le 22 juin 2018 en Loire-AtlantiqueLOIC VENANCE

"Les gens ne vont pas voir Kiss au Hellfest, ils vont au Hellfest voir Kiss!" Pour Benjamin Barbaud, patron de l'incontournable festival rock nantais, le succès tient désormais moins à l'affiche - Slash, ZZ Top, Gojira, Slayer, Tool tout de même - qu'à l'expérience unique recherchée.

Comme c'est le cas depuis cinq ans déjà, cette 14e édition, qui se tient de vendredi à dimanche à Clisson près de Nantes, affiche complet depuis longtemps. La question n'est désormais plus de savoir si le festival se jouera à guichets fermés mais en combien de temps les 55.000 pass trois jours vont s'écouler...

Lors de la mise en vente, le 10 octobre, avant que la programmation soit dévoilée, "tout s'était écoulé en une demi-heure", affirme le cofondateur de ce qui est aujourd'hui en termes de fréquentation le deuxième plus gros festival de métal et autres chapelles hard-rock d'Europe, et le troisième dans le paysage français, toutes esthétiques confondues, derrière les Vieilles Charrues et Solidays.

"On a décompté après coup deux fois plus de connections pour acquérir les billets que de transactions effectuées", dit-il. "Mais on n'a pas l'intention d'agrandir la jauge actuelle. Notre organisation reste associative. On n'est pas à la recherche ultime du profit. Tout ce qui est gagné est réinvesti dans le festival."

Fort d'un chiffre d'affaires de 27 millions d'euros, dont un tiers va au budget artistique - "certains ont un cachet dépassant le million d'euros", souffle "Ben" Barbaud -, un deuxième tiers est consacré au budget technique et un dernier tiers est dévolu aux frais généraux. La grand-messe du métal s'efforce, chaque année, d'améliorer le site.

"Cette année, on a encore mis l'accent sur les infrastructures. Par exemple, la zone de restauration, poussiéreuse l'an passé, est désormais pavée, bordée de pelouse synthétique, avec des fontaines à eau. On propose aussi le plus grand écran géant du monde, de 150 mètres de long sur 11 mètres de haut. Depuis 2012, 14 millions d'euros ont ainsi été réinvestis", précise-t-il.

- Cuvée 2019 bien relevée -

"Les gens viennent avant tout vivre l'expérience Hellfest, qui est devenu avec le temps un label", insiste Benjamin Barbaud.

"La preuve, c'est que cette année, on prête nos scènes jeudi au +Knotfest+, une soirée montée par le groupe Slipknot, qui jouera avec neuf autres artistes, dont Rob Zombie, Sabaton ou Ministry. Tous sont connus, mais ce n'est pas encore complet. Alors, c'est loin d'être un échec car 35.000 billets ont été vendus sur 40.000. Mais le fait que ce ne soit pas estampillé +Hellfest+ explique cela".

"Le festival doit son succès au public lui-même", analyse-t-il. "On a la chance d'avoir construit un évènement qui attire des fétichistes de cette musique. Leur passion dure toute la vie. En France, ce public existe depuis longtemps, et pendant longtemps il n'y a pas eu de festival pour combler ces gens de tous horizons, ouvriers, chefs d'entreprises, cadres, qui adorent remiser leur costard ou bleu de travail pour venir s'amuser en t-shirts à l'effigie de leurs groupes favoris".

Si certains fans de métal - et du Hellfest - déplorent parfois de revoir trop souvent les mêmes têtes d'affiche revenir au royaume du Muscadet, où ne se sont encore jamais produit ni Metallica ni AC/DC, la cuvée 2019 s'annonce cependant bien relevée avec le concert très attendu et en exclusivité de Tool, les adieux au public français de Kiss, Slayer et Manowar ou encore les venues de vieilles gloires toujours aussi populaires comme ZZ Top et Lynyrd Skynyrd.

"Bien sûr, on a encore d'autres grands groupes à attirer comme System of a Down, Green Day, Van Halen, Bon Jovi et même Rage Against the Machine s'ils se reforment un jour. On fera tout pour. Mais en attendant, il y a des jeunes qui poussent, comme Fever 333 qui joue samedi. Visuellement et musicalement, ces Américains sont très impressionnants. Dans deux ou trois ans, ils seront peut-être en haut de notre affiche".

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