Pour Agnès Varda, le féminisme "pas assez actif" dans les écoles et les lycées

Pour Agnès Varda, le féminisme
La cinéaste Agnès Varda (G) lors de son intervention devant le "Women in Motion" le 3 juillet 2018 à ParisThomas SAMSON

La cinéaste Agnès Varda, 90 ans, l'une des dernières représentantes de la Nouvelle Vague, a regretté mardi que le féminisme ne soit pas suffisamment évoqué dans les écoles et les lycées, estimant "qu'il faut continuer le combat".

"Le féminisme n'est pas très actif dans l'éducation, dans les écoles et lycées. De manière générale, l'éducation sexuelle est un peu aplatie. On n'en parle pas assez aux jeunes femmes et aux jeunes hommes", a déclaré Mme Varda, invitée de "Women in Motion", opération en faveur de la place des femmes dans le cinéma, à l'initiative du groupe de luxe Kering (Yves Saint Laurent, Gucci...).

"Il faut continuer le combat. On a cru dans les années 60 que les choses allaient vite changer. On voit que ce n'est pas le cas", a observé la réalisatrice de "Cléo de 5 à 7" (1962), "Jacquot de Nantes" (1991) et "Les Glaneurs et la glaneuse" (2000), récompensée par un Oscar d'honneur en novembre.

Agnès Varda, qui a fait partie des 82 femmes - actrices, réalisatrices et productrices - qui ont monté les marches du dernier Festival de Cannes pour exiger une meilleure parité, considère que "le sujet dépasse évidemment le cinéma".

"Le combat pour la parité est traité tous les jours par des gens moins spectaculaires", a ajouté la cinéaste, récompensée en 2015 par une Palme d'honneur au Festival de Cannes, où la Palme d'or n'a été remise qu'une seule fois à une femme (Jane Campion en 1993).

Evoquant sa carrière de cinéaste, Agnès Varda qui se consacre désormais au documentaire, a expliqué qu'elle "aime mettre les vrais gens en lumière".

"Montrer des inconnus me fait plaisir, dans un monde où des pages entières de publicité sont vouées aux cosmétiques et à la mode. La réalité m'inspire énormément", a ajouté la cinéaste, dont le dernier documentaire, co-réalisé par l'artiste JR, "Visages, villages", a été nommé cette année aux Oscars.

L'un de ses films les plus féministes, "L'Une chante, l'autre pas", tourné en 1976 et abordant la contraception et l'avortement, ressort en salles mercredi en version restaurée.

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