En ce moment
 
 

Accusé de racisme, Trump voit l'un de ses discours perturbé

Accusé de racisme, Trump voit l'un de ses discours perturbé
L'élu local Ibraheem Samirah interrompt le discours de Donald Trump, le 30 juillet 2019 à Jamestown, en VirginieANDREW CABALLERO-REYNOLDS
histoire

Donald Trump, dont un discours a été perturbé et boycotté par des élus noirs de l'Etat de Virginie, est jugé raciste par plus d'un électeur américain sur deux, selon un sondage publié mardi.

L'enquête de l'université Quinnipiac a été réalisée entre jeudi et dimanche, alors que le 45e président des Etats-Unis a multiplié à partir de samedi les attaques violentes à l'encontre d'un député noir et de sa circonscription de Baltimore, qualifiée d'endroit "dégoûtant infesté de rats".

51% des électeurs américains considèrent que M. Trump est raciste. Un chiffre qui diffère selon l'origine ethnique des personnes interrogées: ils sont 46% à le penser chez les Blancs, contre 55 et 80% parmi les Hispaniques et les Noirs.

"Je suis la personne la moins raciste au monde", s'est défendu mardi matin le milliardaire républicain avant de se rendre en Virginie pour le 400e anniversaire de l'assemblée de Jamestown, lieu de la première colonie britannique permanente sur le continent américain.

Un élu démocrate du Congrès local, Ibraheem Samirah, a brièvement interrompu son discours en brandissant plusieurs affiches: "Expulse la haine"; "Réunis ma famille"; "Retourne à ta corruption".

Des allusions au combat mené avec opiniâtreté par le président contre l'immigration illégale, et à ses récents propos invitant quatre élues démocrates issues de minorités à "retourner" dans leur pays d'origine.

"Le président Donald Trump, héraut des discours haineux et des politiques toxiques, s'invite à une célébration de valeurs démocratiques qu'il ne partage même pas", a expliqué dans un communiqué publié sur son compte Twitter le jeune élu, fils de réfugiés palestiniens.

Hué par une partie de l'assistance, M. Samirah a été rapidement et calmement évacué par la sécurité, avant que Donald Trump ne reprenne le fil de son discours sans faire allusion à l'incident.

Il n'avait face à lui aucun représentant du groupe parlementaire des élus noirs de Virginie, qui ont décidé en raison de sa présence de boycotter ces commémorations historiques.

"La participation du président est antithétique des principes défendus par le groupe", explique dans un communiqué le Virginia Legislative Black Caucus.

Il y dénonce les "commentaires dégradants" de Donald Trump envers les élus de l'opposition, ses "politiques portant préjudice aux communautés marginalisées" et sa "rhétorique raciste et xénophobe".

Le président fait l'objet de nouvelles accusations de racisme aux Etats-Unis après s'en être pris violemment ces derniers jours à l'élu démocrate de Baltimore Elijah Cummings et au pasteur Al Sharpton, figure du mouvement de défense des droits des Noirs, un "escroc" qui "déteste les Blancs et les policiers", selon lui.

"Aucun autre président n'a fait autant que moi pour les Afro-Américains", a avancé mardi M. Trump en soulignant que le chômage des Noirs n'avait "jamais été aussi bas dans l'histoire" des Etats-Unis.

Il avait déjà affirmé mi-juillet qu'il n'y avait pas "une once de racisme" en lui, une accusation récurrente contre le milliardaire républicain.

Vos commentaires