Victoires de la musique: Eddy De Pretto sur les traces d'Orelsan ?

Bashung, Daho, De Pretto, Christine and the Queens, Added, Angèle: plus transgénérationnelles que jamais, les 34e Victoires de la musique promettent du suspense pour le palmarès qui sera dévoilé vendredi soir à la Seine musicale.

Eddy De Pretto, qui compte le plus de nominations, sera-t-il le grand vainqueur ? Encore inconnu il y a deux ans, il peut réaliser un triplé, comme Orelsan l'an passé.

L'auteur de "Cure" aura cependant fort à faire dans la catégorie "artiste masculin" face à Etienne Daho qui pourrait enfin, à 63 ans, être sacré après... six échecs. A moins que la grosse surprise ne vienne des frères rappeurs Bigflo & Oli qui cartonnent avec leur troisième album "La vie de rêve"...

Ces derniers peuvent également contrarier les plans d'Eddy de Pretto dans la toute nouvelle catégorie "album de musiques urbaines" où Aya Nakamura, particulièrement en vogue, a sa carte à jouer pour son album éponyme.

"Rap et musiques urbaines, ce n'est pas la même chose", plaide Natacha Krantz-Gobbi, la présidente des Victoires. "Nous nous devons d'être en phase avec le marché. Il était indispensable de rajouter cette catégorie qui correspond à la réalité de ce que les Français écoutent."

"C'est super. Avant il y avait une catégorie musiques urbaines qui voulait tout et rien dire", a commenté Orelsan sur France Inter.

Ultime possibilité de Victoire pour De Pretto, dans la catégorie "concert", exercice par lequel il s'est d'abord révélé. Face à lui, Orelsan, celui qui avait été omniprésent en 2018, et les Shaka Ponk toujours en mode furia rock sur scène.

Dans la catégorie "artiste féminine", une favorite se dégage en la personne de Christine and the Queens déjà couronnée en 2015 et qui peut rêver d'un bis repetita, portée par son ambitieux projet "Chris".

Mais la cote ne cesse de grimper pour Jeanne Added, peut-être moins en vue mais qui a illuminé la rentrée 2018 avec son album "Radiate". Face à elles, à ne pas sous-estimer, Vanessa Paradis, qui a fait un retour plutôt discret avec "Les sources" et se trouve être la chanteuse la plus récompensée des Victoires (7 fois dont 3 en tant qu'artiste féminine).

- Johnny absent -

Un autre habitué pourrait, lui, égaler -M- au palmarès des plus primés: Alain Bashung. Le dandy du rock français, disparu il y a dix ans, est en lice pour une 13e Victoire pour l'émouvant posthume "En amont" qui concourt dans la catégorie "album de chansons" face à "Chris" de Christine and the Queens et "Le Désordre des choses" de l'excellent Alain Chamfort.

Alors qu'un hommage appuyé à Charles Aznavour est prévu, sans oublier Jacques Higelin, Maurane ou Rachid Taha, un autre glorieux défunt aurait pu se retrouver en compétition: Johnny Hallyday. Mais "Mon pays c'est l'amour", bien qu'écoulé à 1,5 million d'exemplaires, n'a pas été retenu.

Les votes des 600 professionnels (artistes, producteurs de spectacles et de disques, journalistes, programmateurs radio, disquaires…) ont fait d'autres malheureux de renom comme Mylène Farmer, Patrick Bruel ou Françoise Hardy, et des gros "vendeurs" tels Gims, Indochine ou Soprano...

Preuve que le niveau est relevé, à l'image de la catégorie "album rock" où il sera difficile de départager Jeanne Added ("Radiate"), Miossec ("Les rescapés") et Feu! Chatterton ("L'Oiseleur"). Idem pour l'"album rap", que briguent Moha La Squale ("Bendero), Damso ("Lithopédion") et Georgio ("XX5").

Chez les valeurs montantes, cela semble plus déséquilibré. Clara Luciani part favorite pour être la "révélation scène", face à Tim Dup et Therapie Taxi. Et Angèle ("Brol"), la jeune sensation belge, est aussi en pole pour "l'album révélation", devant Foé ("Îl") et Roni Alter pour son EP éponyme.

Avec une bonne vingtaine de performances live au programme, l'événement, diffusé simultanément sur France 2 et France Inter, constituera "une opportunité unique pour les artistes de bénéficier d'une grosse exposition en prime-time face au grand public", rappelle Natacha Krantz-Gobbi, la présidente des Victoires. "Ça crée une notoriété. Pour pas mal d'artistes, il y a eu un avant et un après Victoires", ajoute celle qui est aussi la patronne du label Mercury (Universal).

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