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Animal Crossing a un an: comment expliquer un tel succès pour Nintendo ?

Les tests de Mathieu: Animal Crossing a un an, comment expliquer un tel succès pour Nintendo ?
 
Les tests de Mathieu
 

Dans le petit monde du jeu vidéo, il y a des succès qui étonnent. En sortant un cinquième épisode de la série Animal Crossing, Nintendo ne s’attendait sans doute pas à en vendre plus de 30 millions d’unités ! A 60 euros le jeu, vu ses fonctionnalités et ses graphismes qui sont loin de demander autant de développement qu’un CyberPunk 2077, par exemple, c’est une mine d’or pour le géant japonais du jeu vidéo. 

Il y a quelques jours, le 20 mars, Nintendo a fêté l’anniversaire de la sortie du jeu. L’occasion de frimer un peu: “7 millions d’unités ont désormais été vendues en Europe, ce qui signifie que plus d’un tiers des 20 millions de propriétaires de la console Switch en Europe jouent à ce jeu !”, peut-on lire dans un communiqué de presse. 


 

Quel est le but du jeu ?

Je me suis procuré un exemplaire du jeu pour en avoir le coeur le net. J’ai aidé ma fille de 7 ans à utiliser le jeu, elle est encore néophyte dans le domaine. 

Animal Crossing est ce qu’on appelle un “jeu vidéo de simulation de vie”. Le vieux concept des Sims, en gros, sauf que vous incarnez un personnage assez humain (plutôt enfantin) qui se retrouve sur une île avec des animaux anthropomorphes (qui se tiennent debout, parlent, et agissent comme des humains) et d'autres 'humains'. 

Il n’y a pas vraiment de quête principale dans le jeu. Dès le départ, des ratons laveurs qui font partie d’un genre d’agence de voyage nous envoient sur un île paradisiaque et déserte, aux graphismes très épurés, très “Nintendo”. Après avoir planté sa tante et ramassé quelques bricoles, on va se coucher. Le jeu se calque sur l’heure, la date et les saisons (il faut d’ailleurs choisir son hémisphère au départ) de la 'vraie vie'.

Ce nouvel épisode fait de vous le “délégué insulaire”, un genre de directeur commercial chargé de rendre l’île de plus en plus agréable à vivre (en construisant des bâtiments ou des ponts, par exemple). Pour y parvenir, il faut rassembler les outils et les ressources (bois, minerai, etc), puis utiliser l’établi, où vous apprendrez des “recettes”. 

Plus l’île se développe, plus vite de nouveaux résidents arriveront, autant de voisins et d’amis avec qui échanger (des personnages gérés par le jeu, il n’y a aucune obligation de jouer en ligne). Si un ami vient avec sa console et son jeu (ou à distance si vous êtes abonné à Nintendo Online), vous pourrez visiter son île, ou l’inviter chez vous. Jusqu’à 8 joueurs peuvent se rencontrer de cette manière. Notez également qu’il n’y a qu’une seule île par console, mais plusieurs personnes utilisant la console peuvent avoir leur propre maison sur l’île. 

Au-delà, notamment via le NookPhone qu’on sort d’un bref appui sur un bouton, on a accès à des objectifs à court et moyen termes, qui font en sorte qu’on ne s’ennuie jamais sur l’île. Ces objectifs réussis vous procurent des récompenses qui vous permettent d’améliorer votre île. 

Mais même sans ces petits objectifs, les activités sont nombreuses et surtout, évolutives. Au plus votre île se développe, au plus de nouvelles activités sont disponibles. Et vu que les saisons sont prises en compte, il faut s’attendre à un tas de surprises, notamment pour les vacances de Pâques. En parlant de surprise, Nintendo a même prévu l’arrivée de Mario et Luigi depuis le 1er mars (on peut construire des tuyaux ou placer des objets bien connus de la franchise). 


 

Voilà pour le but du jeu: vivre une vie virtuelle, sans drame, avec des petites activités sans grande ambition mais souvent amusantes ou intéressantes (exemple: si vous observez la flore et la faune, vous allez avoir des informations et attirer un guide nature sur l’île). C’est reposant, varié. Je le conseille tout de même davantage à des enfants qu’à des adultes, mais tous ceux qui cherchent un havre de paix virtuel devraient essayer. 

Une ambiance qui tombe à pic

Le succès du jeu repose sur son originalité: difficile de trouver un équivalent aussi bien conçu (on est loin de ces jeux sur smartphone qui essaient de vous arracher quelques euros pour évoluer plus vite). 

D’après moi, s’il fonctionne aussi bien, c’est également dû à la conjoncture. En pleine pandémie, avec des mauvaises nouvelles qui s’enchaînent et l’obligation de passer beaucoup (beaucoup) de temps à l’intérieur, avoir un jeu tout gentil qui permet de s’évader, de vivre de petites aventures innocentes sur des îles ensoleillées, avouez, ça fait du bien. 

Nintendo n’ose pas faire ce lien. “Animal Crossing est depuis longtemps une franchise populaire en Europe, et sa croissance continue est due à l’amour de nos fans pour cette série unique”, a répondu Stephan Bole, président de Nintendo Europe, lorsque j’ai demandé un commentaire. 


 

 




 

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