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Le Pentagone attribue à Microsoft un contrat de 10 milliards de dollars pour son cloud

Le Pentagone attribue à Microsoft un contrat de 10 milliards de dollars pour son cloud
Le logo de MicrosoftGABRIEL BOUYS

Le Pentagone a annoncé vendredi avoir attribué à Microsoft un contrat géant de stockage de données en ligne (cloud) de 10 milliards de dollars, pour lequel Amazon était considéré comme favori.

Le contrat JEDI (Joint Enterprise Defense Infrastructure), qui s'étend sur une durée de dix ans, vise à moderniser la totalité des systèmes informatiques des forces armées américaines dans un système géré par intelligence artificielle.

"La Stratégie Nationale de Défense dit que nous devons améliorer la rapidité et l'efficacité avec lesquelles nous développons et déployons des capacités techniques modernisées pour nos femmes et nos hommes en uniforme", a déclaré dans un communiqué Dana Deasy, responsable de l'information au département de la Défense.

"Cette attribution est un pas important dans l'exécution de la Stratégie de Modernisation Numérique", a-t-il ajouté.

- Amazon "surpris" -

Après l'annonce du choix de Microsoft, Amazon, qui restait le seul concurrent de Microsoft à la fin du processus de sélection, s'est déclaré "surpris par cette conclusion".

"AWS (Amazon Web Services, ndlr) est clairement le leader dans le domaine du cloud computing, et une évaluation détaillée fondée purement sur la comparaison des offres conduit clairement à une autre conclusion", a affirmé la firme dans un communiqué.

Microsoft n'a pas réagi immédiatement à une demande de commentaire de l'AFP.

Afin de faciliter le déploiement d'une nouvelle architecture de stockage, le Pentagone a décidé de l'attribuer à un seul prestataire, plutôt que de le scinder en plusieurs appels d'offres.

Google s'était retiré de la course en octobre 2018, expliquant n'avoir "pas reçu l'assurance" que ce contrat "serait conforme à (ses) principes en matière d'intelligence artificielle".

Malgré le vent de critiques soufflant sur la Silicon Valley à propos des collaborations avec l'armée ou la police, Microsoft et Amazon avaient, peu après le retrait de Google, défendu leur participation à l'appel d'offres.

"Tous ceux qui vivent dans ce pays dépendent de la puissance de sa défense", avait écrit dans un billet de blog Brad Smith, le président de Microsoft.

Et le fondateur et patron d'Amazon Jeff Bezos avait estimé que les Etats-Unis seraient "en difficulté" si "les grandes entreprises de technologie tournaient le dos au département de la Défense".

Le Pentagone avait annoncé en août le report de son appel d'offres en attendant le feu vert du nouveau secrétaire à la Défense, Mark Esper.

Amazon était considéré comme le favori pour l'attribution du contrat JEDI, sa division Amazon Web Services dominant le secteur du cloud computing et la compagnie fournissant déjà des serveurs sécurisés à d'autres organismes gouvernementaux américains, dont la CIA.

Le nouveau secrétaire à la Défense, Mark Hesper, a été choisi par le président Donald Trump, qui est en mauvais termes avec Amazon et avec son fondateur Jeff Bezos, par ailleurs propriétaire du Washington Post, cible de violentes critiques de M. Trump.

- 1.000 milliards de dollars -

En juillet, M. Trump avait déclaré avoir entendu "des plaintes de diverses compagnies comme Microsoft, Oracle et IBM" sur le processus de sélection pour le contrat JEDI.

"Nous allons regarder ça. Nous allons regarder ça de très près", avait ajouté le président.

Dan Ives, un analyste chez Wedbush, société de services financiers et d'investissement, a dit s'attendre à ce qu'Amazon, et peut-être d'autres firmes, conteste le choix du Pentagone devant les tribunaux.

Il estime pour autant que ce choix donne une poussée importante à l'activité cloud de Microsoft, dans un marché où l'on prévoit des dépenses de 1.000 milliards de dollars dans la prochaine décennie.

"C'est un contrat qui change la donne pour Microsoft, car cela a un effet d'entraînement pour l'activité cloud de la compagnie pour les années à venir", a ajouté Dan Ives.

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